(De g.à dr.): Frédéric Mazzella, fondateur et président,, Francis Nappez, co-fondateur et directeur technique, et Nicolas Brusson, co-fondateur et directeur général de BlaBlaCar, devant la nouvelle identité visuelle de l'entreprise. BlaBlaCar

Le spécialiste français du covoiturage BlaBlaCar va vous proposer des trajets qui vous rapprocheront encore plus près de votre destination finale, grâce à un nouvel algorithme basé sur les adresses enregistrées par ses 60 millions de membres, a annoncé l'entreprise ce mardi matin lors d'une conférence de presse, présentant à cette occasion sa nouvelle identité visuelle.

A terme, et dans un monde idéal, l'un des étendards de la French Tech aimerait que vous trouviez un covoiturage BlaBlaCar à cinq minutes voire même en bas de chez vous, à l'instar des VTC comme Uber, Chauffeur Privé, Heetch, ou Taxify.

Pour ce faire, BlaBlaCar va demander à ses utilisateurs de lui fournir une information que ces derniers donnent naturellement quand ils réservent ce type de services: des adresses précises de départ et d'arrivée.

Ensuite, forte de la collecte de ces données, l'application proposera au conducteur et passagers des étapes du parcours, censées limiter les détours.

L'objectif est triple:

  • remplir les voitures pour économiser les frais du chauffeur,
  • multiplier les possibilités de trajets pour les passagers,
  • augmenter le nombre d'utilisateurs et mécaniquement le chiffre d'affaires de BlaBlaCar.

C'est une évolution stratégique pour BlaBlaCar. Elle rompt ainsi avec les codes qui ont fait son succès: proposer des trajets moins coûteux sur des longues distances, avec des points de rendez-vous fixes (mairie, gare, station de métro, aire d'autoroute ou de covoiturage, stade, parking, etc...).

"On opère un virage, après avoir passé 5-6 ans à pousser le produit à l'international et à travailler très fortement sur la confiance. Le grand chapitre d'après est d'optimiser ce réseau de transport qui est sous-exploité. On utilise à peine notre communauté. Ce n'est pas satisfaisant. On peut faire mieux", reconnaît Nicolas Brusson, le directeur général, interrogé par Business Insider France en marge de la conférence de presse.

Sur un week-end de forte activité, BlaBlaCar dit ainsi qu'elle peut proposer 38.000 points de départs différents en France à comparer aux 3000 à 4000 gares réparties dans l'Hexagone.

Afin d'offrir la meilleure expérience utilisateur, avec une réponse quasi instantanée, l'entreprise estime qu'il lui faut plusieurs mois pour déployer cette offre complète, au moins jusqu'à l'été.

L'enjeu pour l'entreprise est aussi de prouver à ses membres que le service sera meilleur car il sera personnalisé en permettant de voyager entre des villes moyennes, mal ou peu desservies, où la voiture est indispensable selon elle.

"Il y a une grande opportunité en passant ce cap technologique. On estime que ça peut avoir une dynamique positive sur notre croissance. On espère que dans 2-3 ans, ça devienne un réflexe pour les gens", abonde Frédéric Mazzella, fondateur et président.

Les embouteillages en région parisienne sont un enfer. La Région veut les limiter avec du covoiturage de BlaBlaCar. Pixabay/JerzyGorecki

BlaBlaCar avait déjà mis un pied hors de son modèle traditionnel depuis l'an dernier en lançant modestement BlaBlaLines, un service de covoiturage courte distance, réservé au domicile-travail, sur quelques axes précis comme en Ile-de-France. Mais la startup voit surtout ce produit comme un terrain d'expérimentation alors que les rivaux affûtent pourtant leurs armes (WayzUp, IDVroom, OuiHop, Less, etc).

Confrontée à une nouvelle concurrence, incarnée sur ses terres par l'auto-partage (Drivy, OuiCar...), l'offre à bas coûts Ouigo de la SNCF ou les bus dits 'Macron", BlaBlaCar doit trouver de nouveaux relais de croissance.

L'entreprise s'est bien développé à l'international — 75% de son usage s'effectue à ce jour dans 21 pays hors de l'Hexagone dit l'entreprise — mais elle y connaît des fortunes diverses.

Si la Russie, l'Allemagne, l'Espagne et le Brésil font la joie des dirigeants, les affaires sont plus difficiles ailleurs. Elle a dû fermer des bureaux dans trois pays (Turquie, Inde et Mexique) — sans clore le service pour autant — et une rationalisation des coûts a entrainé une vague de départs, les effectifs passant de 500 à 350 salariés en moins de deux ans.

"La question qui se pose est celle d'avoir un modèle économique unique partout. On doit s'adapter dans la transaction à des spécificités locales. On expérimente par exemple en Pologne un modèle qui ressemble plus à de l'abonnement plutôt que transactionnel", expliquent les deux dirigeants.

Le nouveau moteur de recherche interne sera d'ailleurs développé dans tous les pays. En attendant, BlaBlaCar a mis en ligne une carte sur laquelle vous pouvez découvrir le nombre de trajets à proximité de la commune de votre choix.

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