Le secrétaire du Brexit, David Davis (L) avec le négociateur en chef de l'UE, Michel Barnier le 12 octobre 2017, à Bruxelles. REUTERS/Francois Lenoir

Michel Barnier, négociateur en chef de l'Union européenne pour le Brexit, a déclaré jeudi que les discussions avec Londres étaient "dans une impasse" sur la question de la facture du divorce dont Londres devra s'acquitter.

Michel Barnier, qui s'exprimait au terme de la cinquième session de négociation avec Londres, a souligné qu'il ne pourrait pas proposer aux chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Sept qui se réunissent en sommet les 19 et 20 octobre prochains de lancer la deuxième phase des discussions, portant sur le futur cadre des relations commerciales.

Il a souligné que la partie britannique n'était toujours pas prête à dire combien elle était prête à payer en règlement de ses engagements financiers.

"Pour ce qui est de cette question, nous sommes dans une impasse, ce qui est très inquiétant pour des milliers de projets partout en Europe et aussi inquiétant pour ceux qui y contribuent", a-t-il dit, ajoutant que l'UE était prête à faire face à toutes les éventualités mais réaffirmant qu'"une absence d'accord serait un très mauvais accord".

Michel Barnier a cependant fait état d'une certaine évolution sur quelques questions, comme les droits des ressortissants européens en Grande-Bretagne et la frontière nord-irlandaise. Il n'a pas exclu la possibilité d'un accord d'ici deux mois à condition qu'il y ait une volonté politique.

Le mois dernier, le Français avait jugé qu'il faudrait "des mois et des semaines" pour avancer. La déclaration d'aujourd'hui semble marquer un point mort qui pourrait retarder le processus.

"Je suis toujours convaincu qu'avec une volonté politique des progrès décisifs sont à portée de main dans les deux mois à venir. Avec David Davis, nous allons organiser plusieurs réunions de négociation d'ici la fin de l'année", a-t-il expliqué.

Son interlocuteur britannique confirmé qu'il restait beaucoup de travail à faire. Il a ajouté que Londres se préparait à tous les scénarios, y compris celui d'une absence d'accord avec Bruxelles.

Le ministre britannique du Brexit a cependant fait part de sa confiance sur la possibilité de trouver prochainement un accord sur la question des droits des expatriés européens.

Selon les règles que Bruxelles s'est fixées l'an dernier, l'Europe attend que Michel Barnier l'informe que des progrès "significatifs" ont été réalisés sur trois dossiers — facture du Brexit, droits des ressortissants de l'UE au Royaume-Uni, frontière avec l'Irlande du nord — avant de lancer les négociations sur une éventuelle période de transition et des futures relations commerciales entre Londres et les Européens.

Londres aimerait mener les deux phases de concert. Davis a répété jeudi que les Britanniques étaient prêts à engager les discussions sur la relation future entre Londres et l'UE.

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