• La nouvelle d'une politique de répression du bitcoin en Corée du Sud fait chuter le marché des monnaies virtuelles jeudi 11 janvier au matin.
  • Reuters annonçait mercredi que la Corée du Sud travaille sur un projet de loi pour interdire les échanges de crypto-monnaies.
  • Le bitcoin, la plus importante crypto-monnaie, est en baisse de 8,67% au moment de la rédaction de cet article.

Le marché des monnaies virtuelles est sous pression jeudi 11 janvier au matin suite à l'annonce en Corée du Sud d'un projet de loi qui interdirait l'échange de crypto-monnaies.

D'après Reuters, "le ministre de la justice sud-coréen a annoncé jeudi préparer un projet de loi pour interdire l'échange de crypto-monnaies sur ses plateformes".

La nouvelle est tombée alors que les autorités auraient mené des raids dans les marchés de crypto-monnaies du pays.

"Quelques agents du Service national des impôts ont fait un raid dans notre bureau cette semaine" affirme à Reuters un porte-parole de Coinone, une plateforme coréenne de crypto-monnaies.

D'après Reuters, les autorités sud-coréennes s'intéressent également à Bithumb, un autre marché d'échanges de crypto-monnaies.

Au moment de la rédaction de cet article (11h12 heure de Paris), la valeur du bitcoin est en baisse de 8,67% à 13.591 dollars, d'après les données de Markets Insider. A un moment, le marché entier des crypto-monnaies était en baisse de plus de 100 milliards de dollars, tombant à 636 milliards de dollars. Il avait atteint les 830 milliards de dollars plus tôt dans le mois, selon les données de CoinMarketCap.

"Si le gouvernement coréen prend une décision aussi agressive à l'encontre des marchés de crypto, comme ce fut le cas en Chine, alors il y a des chances pour que plusieurs de ces plateformes déménagent dans des juridictions avec moins de régulations" explique à Business Insider Sebastian Quinn-Watson, un dirigeant de Blockchain Global.

Les régulateurs chinois ont commencé à sévir contre les plateformes en 2017. Une décision que les investisseurs ont fini par ignorer après une période de vente intense.

"Le Japon pourrait être le bénéficiaire de cette décision" ajoute Quinn-Watson. "Les plateformes de haute qualité et bien dirigées vont prospérer et celles qui sont mal gérées vont périr et cela va profiter au consommateur et au marché."

La Corée du Sud est un marché en effervescence pour les crypto-monnaies. Le bitcoin, par exemple, s'y échange à une valeur 40% supérieure par rapport aux Etats-Unis. D'après Josiah Hernandez, le directeur de la stratégie de Coinsource, cette demande va rendre difficile une interdiction complète.

"Même avec une réduction importante des prix pour prendre les marges en compte, le volume des transactions montre qu'il y a une demande sous-jacente importante pour le bitcoin" affirme Hernandez. "Je doute qu'il disparaisse purement et simplement."

Cependant, des personnalités de Wall Street comme le directeur général de JPMorgan Jamie Dimon ont déclaré que les gouvernements seraient le principal obstacle au bitcoin.

"Les gouvernements — et ce n'est pas un détail technique — vont le détruire un jour" argue Dimon à propos du bitcoin. "Les gouvernements aiment savoir où se trouve l'argent, qui en possède et ce que vous faites avec, au cas où vous ne l'auriez pas remarqué."

Dimon a qualifié le bitcoin de "fraude" en septembre, mais est revenu sur ses propos mardi 9 janvier

Les données de CoinMarketCap montrent que le marché des monnaies virtuelles a chuté après les informations en provenance de Corée du Sud. CoinMarketCap

Le nouvelle d'une répression fait suite à un article du Wall Street Journal lundi 8 janvier qui expliquait que les régulateurs sud-coréens préparaient une enquête de grande échelle sur six banques qui gèrent des comptes de bitcoin "virtuels". Les comptes virtuels, d'après le WSJ, permettent aux investisseurs de stocker de la monnaie fiduciaire quand ils achètent ou vendent des cryptos.

"Il y a une inquiétude grandissante concernant les banques qui, alors qu'elles devraient agir comme gardiennes et empêcher la distribution de l'argent sale et de fonds illégaux, les aident et les encouragent" souligne Choi Jong-ku, le chef de la Commission sud-coréenne des services financiers. 

Version originale: Frank Chaparro/Business Insider.

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