La Turquie accuse les réseaux sociaux et 'l'information fabriquée' d'avoir fait plonger sa monnaie

Turkey's President Recep Tayyip Erdogan salutes his supporters during a rally at Istanbul's Yenikapi fairground. Getty Images

  • Le gouvernement turc a ouvert une enquête sur l'activité sur les réseaux sociaux, convaincu qu'ils ont exacerbé le récent effondrement de la livre.
  • L'autorité des marchés financiers du pays menace de cinq ans de prison quiconque aura diffusé "des informations et communiqués erronés ou fabriqués" pour influencer les marchés.
  • En parallèle, le procureur général d'Istanbul enquête sur des déclarations qui "menacent... la confiance dans l'économie."

Le gouvernement turc ouvre une enquête sur les publications de réseaux sociaux qui — selon lui — ont exacerbé le récent effondrement récent de la livre, et met la chute de la monnaie sur le dos de ce qu'il appelle des "informations fabriquées".

Selon le Financial Times, qui cite l'agence de presse turque, le procureur général d'Istanbul a ouvert une enquête sur "les personnes impliquées dans des actions qui menacent la paix sociale, le calme et l'unité nationale et la confiance dans l'économie", citant des déclarations fausses ou manipulatrices relayées dans des émissions d'information et sur les médias sociaux.

Par ailleurs, le Conseil turc des marchés de capitaux (TCMB), le régulateur des banques et des marchés financiers, a dit compter réclamer des amendes et même des peines de prison pour ceux qui répandent "des informations et communiqués erronés ou fabriqués" sur la crise actuelle qui a vu la livre perdre plus d'un quart de sa valeur en à peine une semaine.

Le TCMB a déclaré qu'il demandera des peines d'emprisonnement de deux à cinq ans pour les personnes qui utilisent les médias d'information ou les médias sociaux pour tenter "d'influencer les prix et les valorisation de véhicules du marché des capitaux ou les décisions des investisseurs par le biais de leurs déclarations, rapports, articles de presse et analyses".

La chute de la monnaie turque s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes avec les États-Unis sur le commerce. Le président américain Trump a autorisé un relèvement des droits de douane contre la Turquie vendredi.

"Cette campagne de désinformation fait partie de la guerre économique menée contre notre pays", a déclaré Fahrettin Altun, conseiller en communication d'Erdogan, après un discours prononcé par le président dimanche.

"Nulle part dans la déclaration de notre président, il n'est dit qu'il y avait une situation dans laquelle les dépôts bancaires seraient saisis. Ses paroles visaient à renforcer l'économie turque et reflétaient la position déterminée de notre Etat, et avaient la teneur d'un avertissement pour empêcher la fuite des devises étrangères de notre pays", a-t-il ajouté. 

Version originale: Will Martin/Business Insider UK

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  1. simona

    Les multiples guerres commerciales sont interconnectées et volatiles , La chine n'achete plus de Soja US, le prix baisse, et les européens, augmentent leurs importations de Soja US de 300%, ce qui aidera les exportations Allemandes 20 Mds€ et Italiennes 5 Mds€ Il est aussi évident que les alliances en matière d’antiterrorisme imposent des limites au renseignement économique. Comme l’écrit l'expert géoéconomique @bernard_jomard, Il est difficile pour beaucoup de pays de gérer cette dichotomie entre les alliés dans la guerre contre le terrorisme, alliés qui deviennent des ennemis dans la guerre commerciale. https://bernard-jomard.com/2018/07/20/cest-la-guerre-economique-reveillons-nous/

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