C'est un acronyme méconnu qui soulève les inquiétudes du gendarme français de la vie privée.

La Cnil (Commission nationale de l'informatique et des libertés) a exprimé plusieurs réserves quant à la mise en place discrète d'un nouveau fichier de renseignement automatisé concernant des métiers "sensibles", a repéré Europe 1

Cette nouvelle base de données appelée ACCReD (automatisation de la consultation centralisée de renseignements de données) a été par décret le 4 août 2017.

Invité par le ministère de l'Intérieur à se prononcer de manière consultative, le gendarme français voit notamment deux soucis majeurs à ce fichier automatisé, comme 

  • Le fait que de nombreuses personnes au sein de l'administration puissent avoir accès à cette base de données et y effectuer des recherches — selon Europe 1, le ministère aurait depuis limité le nombre d'agents y ayant accès, après l'avis de la Cnil. 
  • Le fait que des personnes risquent d'être discriminées à l'embauche si elles sont inscrites dans le fichier, alors qu'elles ne constituent pas une "menace" (ne pas avoir versé de pension alimentaire, par exemple).

En effet, ce fichier regroupe de nombreuses informations sur des Français qui occupent un métier à caractère "sensible".

Comme l'explique la radio française, certaines personnes qui occupent des métiers bien spécifiques (employés d'aéroport ou de centrale nucléaire) doivent être soumis à une vérification d'antécédents administratifs avant d'être embauchées.

Le ministère a souhaité élargir les métiers concernés par ces contrôles à tous les postes en rapport avec des événements festifs (concerts, événements sportifs, etc), et de tout consigner dans une même base de données: ACCReD.

Ces données, qui concernent ainsi des milliers de Français, sont non seulement regroupées dans un même ficher, mais ce dernier est automatisé, de sorte qu'il est possible pour de nombreux agents administratifs d'y effectuer très simplement des recherches sur n'importe qui.

La Cnil, qui estime que la création de ce fichier est "légitime" dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, considère néanmoins que "des garanties doivent être prévues pour que l'automatisation des consultations ne conduise pas à ce que (...) des avis ou des décisions résultent de la seule inscription d'une personne dans un traitement de données à caractère personnel."

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