Le leader de la Corée du nord, Kim Jong Un, dans une photo publiée par l'agence de presse nord-coréenne KCNA en mars 2016. REUTERS/KCNA/Archives

Kim Jong-Un est connu pour ses accès de colère dont il a déjà fait preuve alors qu'il n'avait que 15 ans, affirme un expert de la sécurité nord-coréenne.

Nam Sung-Wook, ancien directeur de l'Institut National de la Sécurité et de la Stratégie (INSS), cellule de réflexion sur les deux Corée, a décidé de raconter une petite histoire qui remonte aux années lycées de Kim Jong-Un et montre comment le chef d'état, encore jeune adolescent, passait ses colères. 

Nam raconte que chaque fois que sa petite amie de l'époque, dont le nom n'a pas été révélé, essayait de le convaincre d'arrêter de fumer, sa réaction était toujours aussi virulente.

"Kim a commencé à fumer jeune, et sa petite amie lui conseillait d'arrêter", a expliqué Nam lors d'une conférence politique à Séoul, mercredi, d'après l'agence de presse sud-coréenne Yonhap News.

"Kim explosait de rage, devenant même grossier, ce qui était assez choquant [pour sa copine]".

"L'attitude brutale dont il faisait preuve m'avait fait croire que les choses ont deviendraient compliquées une fois qu'il deviendrait 'roi' de la nation", a-t-il ajouté, selon le Korea Herald, un quotidien sud-coréen.

Nam pense que la santé mentale de Kim Jong-Un est telle que la seule manière d'apaiser les tensions en Corée serait de toute évidence son éviction.

Nam a tout appris du background de Kim en envoyant une équipe de chercheurs de son think tank en 2008 à Berne, en Suisse, dans le lycée international où le dictateur en herbe étudiait. Le spécialiste de la Corée du Nord travaille maintenant en tant que professeur de l'unification des deux Corée, de la Diplomatie et de la Sécurité à l'université de Séoul en Corée du Sud.

C'est par ce voyage que le spécialiste a appris l'attitude violente du leader coréen dans son jeune âge.

L'Ecole Française Internationale de Berne (EFIB) à Berne. Getty

La semaine dernière, la Corée du Nord a déclaré avoir déployé son sixième et plus gros test nucléaire, une bombe hydrogène qui pourrait être lancée sur plusieurs milliers de kilomètres.

"Le dernier déploiement nucléaire est aussi conséquent que le caractère sauvage de Kim", commente l'expert. "Si Kim n'est pas évincé, les problèmes vont continuer".

Dans cette perspective, la Corée du Sud déploie une équipe d'élite dans l'éventualité d'éliminer Kim Jong-Un ou n'importe quel dictateur nord-coréen, explique le Korea Herald. Cette équipe, prévue pour être opérationnelle ce premier décembre, est censée travailler aux côtés des mêmes unités d'élite américaines qui ont été en charge de mettre Osama Ben Laden hors d'état de nuire.

Kim Jong Un (au premier plan tout à gauche) et son père, Kim Jong Il (au premier plan tout à droite) ainsi que les généraux nord-coréens. AP Images

Kim Jong-Il, le père et prédécesseur de Kim Jong-Un envisageait déjà de passer le flambeau à son jeune fils, à la suite d'une attaque cardiaque en août 2008, indique Yonhap. Kim Jong-Il est décédé trois ans plus tard en décembre 2011.

Kim Jong-Un était pourtant le benjamin de sa fratrie et rien ne le destinait à succéder à son père, n'étant pas l'héritier légitime.

Mais d'après Reuters, son aîné, Kim Jong-Nam avait été contraint à l'exil à Macao. En février dernier, Jong-Nam a été victime d'un assassinat à Kuala Lumpur en Malaisie, qui selon les sources américaines et sud-coréennes, aurait été orchestré par le régime de Kim Jong-Un.

Le cadet, Kim Jong-Chul, est quant à lui passé à la trappe. Kim Jong-Il le jugeait "trop faible, comme une petite fille", si l'on se fie aux dires de l'un de ses chefs cuisiniers. Nam a raconté à la conférence du parti, que depuis un accident de voiture, Kim Jong-Chul souffrait d'un dérèglement hormonal et donc d'un excès d'hormones féminines, toujours d'après Yonhap.

"À l'époque, j'espérais que ma prédiction [l'arrivée au pouvoir de Kim Jong-Un, Chef suprême de la République populaire démocratique de Corée] serait fausse", aurait déclaré Nam, à la même source. "Malheureusement, cela s'est réalisé".

Version originale: Alexandra Ma/Business Insider UK

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