Mark Zuckerberg lors de la conférence de développeurs F8, le 18 avril 2017. Capture d'écran Facebook Live

Facebook a dit mercredi 6 septembre qu'ils avaient trouvé des preuves que des faux comptes, "probablement pilotés depuis la Russie", ont acheté des milliers de publicités pendant la campagne présidentielle américaine, dans le but d'amplifier les messages politiques clivants.

Facebook a souligné que les pubs faisaient partie d'opérations élaborées, dans lesquelles des "acteurs bien organisés", dont des gouvernements, ont utilisé le réseau social pour tromper les citoyens et déformer l'opinion publique. 

Le géant américain a découvert près de 100.000 dollars qui avaient été utilisés pour acheter "environ 3000 publicités" entre juin 2015 et mai 2017, connectées à près de 500 faux comptes.

"Notre analyse suggère que ces pages et comptes étaient liés les uns aux autres et probablement guidés depuis la Russie", a affirmé Alex Stamos, le chef de la sécurité de Facebook, dans un billet de blog posté par Facebook. Il a ajouté que l'entreprise avaient partagé ces informations avec les autorités américaines qui enquêtent sur l'interférence de la Russie sur l'élection.

La "grande majorité" des pubs lies aux faux comptes russes ne ciblaient pas un candidat en particulier mais se focalisaient sur "l'amplification de discours politiques et sociaux clivants, sur tout le spectre des idéologies", d'après Stamos.

Cette révélation arrive quelques mois après qu'on été mis au jour les efforts de la Russie pour influencer l'élection présidentielle américaine entre Hillary Clinton et Donald Trump. Mais cette annonce de Facebook est la première fois que l'entreprise confirme officiellement à ses 2 milliards d'utilisateurs qu'elle a été exploitée pendant ces élections.

Facebook a mené une enquête sur les publicités achetées dans les deux dernières années alors que de plus en plus de doutes étaient émis concernant "l'interférence russe dans le processus électoral" ainsi que le rôle de Facebook dans cette propagation de fausses informations, a écrit Stamos.

Un virage brusque

Hillary Clinton répond aux questions pendant le débat à Washington University à St. Louis, Missouri, le 9 octobre 2016. REUTERS/Rick Wilking

Cette annonce représente un virage brusque de la part de l'entreprise, au vu de ses précédentes positions concernant les informations volontairement mensongères (parfois dites "fake news").

Par exemple, en juillet dernier, Facebook avait affirmé qu'il n'y avait "pas de preuve que des acteurs russes avaient acheté des publicités sur Facebook en rapport avec l'élection présidentielle".

Le réseau social avait été largement critiqué après ces élections pour son rôle dans la prolifération des dites "fake news", car beaucoup considéraient qu'elles avaient aidé à faire élire Donald Trump. Le DG de Facebook Mark Zuckerberg avait affirmé que ces supputations étaient "un peu folles".

Pourtant Facebook a depuis fait beaucoup d'efforts pour supprimer les fausses informations de sa plateforme. Dans un papier académique publié en début d'année, le groupe a détaillé comment il comptait s'attaquer aux "opérations concernant les informations" qui sont utilisées pour faire basculer les opinions politiques, et répandre de la propagande sur sa plateforme. 

"Par l'utilisation des réseaux sociaux, des 'créateurs d'information' peuvent essayer de modifier le discours politiques, recruter des soutiens et des mécènes, ou affecter des issues politiques", a écrit Facebook dans un rapport en avril. "Ces activités peuvent parfois êtes accomplies sans que les responsables n'aient à prendre beaucoup de risque."

Facebook a précisé mercredi que son analyse des publicités avant et après l'élection présidentielle américaine étaient cohérentes avec les tactiques de manipulation de l'information déjà repérées auparavant. A peu près un quart des pubs étaient ciblées géographiquement, et elles touchaient un grand nombre de sujets, des droits des LGBT aux immigrés en passant par la régulation des armes à feu. 

Version originale: Alex Heath/Business Insider

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