Le DG de Facebook Mark Zuckerberg. Leah Millis/Reuters

  • Facebook publie les directives internes de ses standards de la communauté, suivies par ses modérateurs pour faire respecter l'ordre sur le réseau social.
  • Les règles ont été entourées de mystère et de spéculation pendant des années, bien qu'elles aient été révélées partiellement auparavant.
  • Les nouvelles "normes communautaires" font une longueur de 8500 mots en anglais et expliquent en détail ce qui est permis et ce qui ne l'est pas — du contenu à caractère sexuel et violent au discours haineux.
  • Facebook ajoute également de nouvelles procédures pour déposer un recours lorsque ses modérateurs suppriment un message.

Facebook publie enfin les directives internes complètes que ses modérateurs de contenu utilisent pour faire respecter l'ordre sur le réseau social.

Cette publication, annoncée mardi, est un nouveau gage significatif de transparence sur la façon dont l'entreprise gère ses 2 milliards d'utilisateurs. De plus, elle s'accompagne de l'annonce que Facebook remaniera le processus de traitement des cas où les utilisateurs signalent des contenus potentiellement répréhensibles.

L'information intervient alors que l'entreprise lutte pour passer d'une série de scandales qui ont entaché son image publique — allant de l'utilisation de Facebook dans la diffusion de la propagande russe, au scandale désormais illustre de Cambridge Analytica, où une société d'analyse politique a obtenu de manière illicte l'accès à pas moins de 87 millions de données de profil d'utilisateurs.

Facebook publie déjà un ensemble de "normes communautaires", un aperçu relativement succinct de ses règles mondiales, à l'intention du public. Mais pendant des années, Facebook fonctionnait avec un deuxième ensemble de directives, plus approfondies et plus strictes, destinées à son équipe de modérateurs de contenu, qui n'étaient pas disponibles auparavant pour les utilisateurs de Facebook.

Celles-ci ont déjà fait l'objet de révélations dans le passé, mais désormais, et pour la première fois, Facebook en publie une version officielle. Les lignes directrices complètes sont d'environ 8500 mots en anglais et comprennent des règles sur ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas en termes de contenu violent, sexuel ou autrement controversé, ainsi que le discours haineux et le langage menaçant.

Cela pourrait donner aux milliards d'utilisateurs de Facebook un meilleur aperçu de ce qui est acceptable et de ce qui ne l'est pas sur le réseau social mondial — donnant potentiellement un certain contexte à ce qui a été critiqué comme un processus parfois mystifiant et apparemment incohérent lorsqu'il choisit de bannir ou de sanctionner un utilisateur.

"Nous voulons que les gens connaissent ces normes, nous voulons leur donner de la clarté", a déclaré Monika Bickert, responsable de la gestion des politiques mondiales sur Facebook, lors d'une conférence téléphonique avec les journalistes avant l'annonce.

Le texte complet est une affaire tentaculaire: un exemplaire partagé avec la presse anglo-saxonne contenait 8500 mots en anglais et détaille explicitement ce qui est permis et ce qui ne l'est pas, des menaces crédibles de violence à l'exploitation sexuelle.

Dans la catégorie "violence graphique", par exemple, les contenus interdits comprennent le "plaisir de l'humiliation", la "réponse érotique à la souffrance" et les "remarques qui parlent positivement de la violence". En même temps, les images de "visages intérieurs visibles", "brûlés de personnes en feu", ou "victimes de cannibalisme" sont autorisées "dans un cadre médical" et doivent être restreintes pour que seuls les utilisateurs de 18 ans et plus puissent les voir.

La seule différence entre les lignes directrices rendues publiques mardi et celles qui sont données aux employés de Facebook sont "esthétiques ", a dit M. Bickert. Facebook ne partage pas de matériel de formation, mais sinon, il n'y a pas de matériel supplémentaire qui n'est pas publié, dit-elle.

Facebook s'attend également à ce que les normes communautaires soient mises à jour régulièrement en réponse à la rétroaction, et au besoin.

Les règles actuelles de Facebook ne changent pas — mais son système d'alerte, lui, évolue

Comme d'autres réseaux sociaux, Facebook a été aux prises avec des controverses au sujet de ses politiques de modération de contenu.

Le réseau social a été critiqué pour la diffusion du discours de haine, son approche des noms "réels" des utilisateurs et pour avoir censuré des œuvres d'art célèbres contenant de la nudité. Il a déjà tenté de bloquer une photo emblématique de la guerre du Vietnam, "La terreur de la guerre", au motif qu'elle montre un enfant nu. Il a même censuré le Premier ministre norvégien et l'un de ses plus grands journaux avant de reculer.

Il est important de noter que la publication de ces lignes directrices ne signale pas un changement dans la politique de Facebook.

Par exemple, la politique de Facebook d'interdire les images contenant des tétons de femmes (à quelques exceptions près, comme l'allaitement maternel), qui a été critiquée par le mouvement #FreeTheNipple, demeure. (Bickert l'a défendu comme étant une question de " sécurité ", car il peut être difficile de dire si le sujet de la photo a consenti à ce qu'elle soit partagée.)

La société est en train de mettre à jour la façon dont elle traite les rapports des utilisateurs, ce qui permet aux utilisateurs de faire appel contre les décisions des modérateurs de contenu concernant les messages individuels. Le réseau social commence par permettre aux gens de demander une "révision" si l'un de leurs messages a été supprimé. Plus tard dans l'année, les utilisateurs qui signalent un message, et à qui l'on dit que le message en question n'enfreint pas les règles, pourront également faire appel de cette décision.

Facebook a déclaré que la décision de publier ses lignes directrices complètes est antérieure au scandale de Cambridge Analytica. Elle est en cours "depuis longtemps", a déclaré Mary deBree, responsable des règles des contenu chez Facebook, et son équipe "a commencé à plancher vraiment dessus en septembre 2017."

Version originale: Rob Price/Business Insider

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