Une ONG estime que le scandale du lait contaminé chez Lactalis implique aussi les distributeurs et l'Etat — voici ce qu'elle reproche à qui

Le ministr de l'Economie Bruno Le Maire et Virginie Beaumeunier, la patronne de la DGCCRF lors de la conférence de presse sur Lactalis à Bercy, le 11 janvier 2018. REUTERS/Christian Hartmann

L'association Foodwatch, qui se présente comme "une organisation politique qui défend les droits du consommateur", a déposé plainte au pôle santé publique du parquet de Paris, ce mardi 14 février, dans le cadre de l'affaire du lait contaminé Lactalis, a-t-elle annoncé dans un communiqué

Selon l'Institut Pasteur, plus de 200 bébés ont été contaminés à la salmonelle par des laits infantiles produits dans le site Lactalis de Craon (Mayenne) depuis 2005.

Foodwatch estime que cette crise sanitaire implique désormais quatre acteurs: 

  • Lactalis
  • La grande distribution
  • Les laboratoires Eurofins
  • Les autorités publiques
 

L'ONG soupçonne ces quatre acteurs de s'être rendus coupables des 12 infractions suivantes:

  1. mise sur le marché d’un produit préjudiciable à la santé et l’inexécution d’une procédure de retrait ou de rappel d’un produit
  2. manquement à l’obligation générale et aux obligations spéciales de sécurité
  3. défaut de transmission de données au laboratoire chargé des analyses d’autocontrôle
  4. absence de communication de tout résultat conduisant à suspecter la présence d’un danger sanitaire de première catégorie et le défaut de transmission des informations pertinentes à ce signalement
  5. défaut de conservation des échantillons d’analyses conduisant à suspecter ou constater la présence d'un danger sanitaire de première catégorie
  6. défaut de conservation et de mise à disposition des informations relatives aux analyses d’autocontrôles
  7. défaut de signalement de la non-conformité d’un produit au fournisseur et à l’acheteur
  8. exportation vers un pays tiers à l’Union Européenne d’une denrée alimentaire préjudiciable à la santé
  9. défaut d’information des autorités administratives et des consommateurs en cas de mise sur le marché d’un produit dangereux
  10. tromperie aggravée
  11. mise en danger d’autrui
  12. atteintes involontaires à l’intégrité de la personne

Lactalis, le premier groupe laitier français, se serait rendu coupable de toutes ces infractions à l'exception de l'"absence de communication de tout résultat conduisant à suspecter la présence d’un danger sanitaire de première catégorie et le défaut de transmission des informations pertinentes à ce signalement", où seuls les laboratoires sont épinglés.

La grande distribution est citée sur 10 des 12 infractions, échappant — outre à l'absence de communication de résultats des laboratoires — aussi au "défaut de transmission de données au laboratoire chargé des analyses d’auto-contrôle". 

Enfin, l'Etat, ainsi que les trois autres accusés, sont tous quatre coupables de "mise en danger d'autrui" et d'"atteintes involontaires à l'intégrité de la personne", selon Foodwatch.

"Ils ont tous manqué à leurs obligations en matière de prévention des risques sanitaires, mais aussi dans la gestion particulièrement défaillante de cette crise alimentaire majeure", annonce l'association dans son communiqué.

La justice avait ouvert le ouvert le 22 décembre 2017 une enquête préliminaire pour "blessures involontaires", "mise en danger de la vie d'autrui", "tromperie aggravée" et "inexécution d'une procédure de retrait".

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  1. rendredescomptes44

    Si l'on considère certaines grandes sociétés (côtées au CAC 40,le must)et les informations les concernant dont on dispose (Lafarge et son soutien financier à Daesh,Bolloré et le travail des enfants dans des conditions proches de l'esclavage,France-Télécom et son harcèlement institutionnalisé conduisant au suicide de dizaines de salariés,Bayer-Monsanto et la très lucrative vente de produits dangereux,toxiques tant pour les agriculteurs que pour la biodiversité,Lactalis et le lait en poudre qui menace la vie des nourrissons,Wolkswagen et le trucage de ses véhicules polluants,la banque UBS et ses paradis fiscaux,Alstom et la liquidation du patrimoine industriel français avec Kron/Macron,les laboratoires Servier et le mediator,le médicament qui tue)on peut s’interroger sur le comportement de leurs dirigeants.Ces gens ne sont-ils pas des voyous en col blanc ?Peut-on encore affirmer sans sourciller qu’ils sont des « premiers de cordée »oeuvrant pour l’intérêt général ?Si tel était le cas toute la cordée menacerait de s’effondrer.Que font les pouvoirs publics pour limiter leurs nuisances ?Quels sont le degré de connivence et le niveau de corruption entre ces puissances économiques et nombre de « responsables » politiques ?Sous le régime des premiers de cordée macronisés il faut renoncer à la biodiversité,aux droits des personnes,à l’Etat de droit,à la démocratie y compris dans l’entreprise,à la responsabilité et à l’intégrité des dirigeants.Il ne reste plus que corruption à tous les étages,lâcheté,mise en danger de la vie d’autrui,renoncement à la protection des salariés et des plus vulnérables,mépris pour le vivant,mensonge généralisé.C’est ABJECT.Surtout,ne nous taisons pas.

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