Vincent Bollore, président du conseil de surveillance du groupe Vivendi lors de l'assemblée générale, le 25 avril 2017. REUTERS/Jean-Paul Pelissier

La prochaine assemblée générale d'Ubisoft, le 22 septembre prochain, s'annonce tendue. 

Le président-directeur général de l'éditeur des jeux vidéo "Assasins' Creed" et "Mario+The Lapins Crétins Kingdom Battle" appelle son principal actionnaire et rival, Vivendi, à soutenir une résolution pour mieux payer ses talents — les développeurs, très attachés au succès et au management de l'entreprise selon un analyste parisien.

"Notre priorité est de gérer la guerre des talents dans notre industrie. Pour cela, il nous faut obtenir à l'assemblée générale le vote des résolutions extraordinaires visant à mieux rémunérer les talents, notamment avec des plans d'actions", explique-t-il dans un entretien accordé aux Echos.

Pour y parvenir, le dirigeant a besoin du soutien de ses actionnaires, et du premier d'entre eux, Vivendi, qui n'avait pas voté ce type de résolutions l'an dernier.

Yves Guillemot met donc la pression au groupe présidé par un autre Breton, Vincent Bolloré.

"Cette année, Vivendi doit se comporter en actionnaire responsable. Ubisoft n'est pas un jouet mais une équipe olympique. Quand les collaborateurs se dépassent pour faire les meilleurs jeux de l'industrie, ils doivent être associés aux performances à moyen et long terme de l'entreprise."

Cette assemblée générale se déroule dans un contexte très particulier. Les relations entre les directions des deux entreprises sont très fraîches voire inexistantes. La direction d'Ubisoft refuse un siège à Vivendi au conseil d'administration par crainte d'une prise de contrôle rampante. Présent dans la télévision (Groupe Canal+), le cinéma (Studio Canal), la musique (Universal) et le numérique (Dailymotion), Vivendi avait tenté de prendre le contrôle d'Ubisoft après avoir déjà mis la main sur la société soeur, Gameloft, via une OPA hostile, il y a plus d'un an.

"Vivendi est avant tout un concurrent pour Ubisoft, notamment dans la guerre des talents, le jeu sur mobile, le cinéma, etc.  (...) Je n'ai pas du tout envie d'être dirigé par un conglomérat", assène Yves Guillemot aux Echos.

La famille Guillemot a d'ailleurs franchi le 1er septembre le seuil de 15% dans le capital d'Ubisoft et détient désormais 15,38% de l'éditeur de jeux vidéo et 21,61% des droits de vote, lit-on dans un avis de l'Autorité des marchés financiers (AMF).

Ils essaient ainsi de contrer la montée à son capital de Vivendi , qui est devenu son premier actionnaire, avec 24,97% du capital. 

Vincent Bolloré devrait faire comme d'habitude pour parvenir à ses fins: essayer de monter progressivement au capital pour approcher les 30%, seuil qui l'obligerait à déclencher une OPA. C’est-à-dire proposer le rachat de toutes les actions qu’il ne possède pas encore.

Les analystes estiment qu'il faudra dépenser environ 4,7 milliards pour s'emparer de la part du capital minoritaire d'Ubisoft.

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