Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker à Bruxelles, le 29 avril 2017. REUTERS/Olivier Hoslet

Les Français ne sont pas les seuls à attendre beaucoup de leur nouveau président. L'Europe aussi a les yeux rivés sur les premières mesures que prendra Emmanuel Macron.

Il y a un sujet en particulier que l'Union européenne est pressée de voir abordé par le plus jeune président de la République française: ses dépenses publiques. 

Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, l'a énoncé simplement dès lundi, lendemain de la victoire d'Emmanuel Macron, à l'occasion d'une visite à Berlin: 

"Les Français dépensent trop d'argent et ils le dépensent aux mauvais endroits. Cela ne tient pas dans la durée."

Pour Jean-Claude Juncker, qui estime que c'est un "problème particulier" à la France, la mise en place de réformes qui permettrait de mieux maîtriser ces dépenses revient à "faire un geste en direction des autres", précise Le Figaro

Mardi, lors d'une conférence de presse, le commissaire européen aux Affaires économiques et financières Pierre Moscovici a observé:

"la crédibilité budgétaire est à portée de la main et c'est la clé de la crédibilité politique de la France en Europe".

Il estime qu'un "un effort très minime" suffirait pour que la France réduise son déficit public au niveau exigé par Bruxelles.

L'Europe attend que la France respecte les règles européennes selon lesquelles les déficits publics doivent être en dessous des 3 % du produit intérieur brut. En 2016, le déficit public français s'est établi à 3,4% du PIB

Emmanuel Macron en visite au siège de KRYS à Bazainville, le 18 avril 2017. REUTERS/Thomas Samson

Il y a déficit public lorsque les dépenses publiques — de l'Etat, des collectivité locales et des administrations de Sécurité sociale — pour une année sont supérieures aux recettes publiques.

Dans son programme, Emmanuel Macron a promis 60 milliards d'euros d'économies publiques sur son quinquennat, à travers une gestion plus vertueuse au niveau national comme des collectivités locales. Son projet est détaillé ainsi:

"Les dépenses publiques seront réduites de 60 milliards d’euros par an à la fin du quinquennat. Cela s’opère via trois canaux:

  1. La sphère sociale: 25 milliards d’euros d’économie. Avec la diminution du chômage (avec pour objectif un taux à 7%), les dépenses d’assurance chômage diminuent automatiquement. Avec des dépenses d’assurance maladie contenues à 2,3% par an grâce à une meilleure prévention et à une meilleure couverture des soins, une économie de 10 milliards d’euros est prévue.
  2. Les collectivités: pacte sur 5 ans. Les collectivités devront s’engager sur une trajectoire de baisse de leurs dépenses. En contrepartie, l’Etat rompra avec la méthode de la baisse brutale des dotations consistant à couper les vivres pour provoquer des économies.
  3. L’Etat: 25 milliards d’euros d’économie, en modernisant la fonction publique et en visant une réduction réaliste et différenciée des postes dans la fonction publique d'Etat."

La Commission européenne doit publier le 17 mai prochain son évaluation du déficit public français. 

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