John Moore/Getty Images

  • La botaniste chevronnée Joanne Chory veut concevoir une nouvelle racine qui peut capter l'excès de dioxyde dans l'air.
  • Elle espère que cette culture résistante à la sécheresse et aux inondations peut aussi nourrir la planète.
  • Chory a reçu 3 millions de dollars de la part d'un groupe de DG de la Silicon Valley lors des Breakthrough Prizes 2018.

La botaniste Joanne Chory a 3 millions de dollars de plus que la semaine dernière.

Dimanche 3 décembre 2017, elle a reçu un des prestigieux Breakthrough Prizes 2018 en sciences du vivant, un prix remis chaque année à des scientifiques par des magnats de la Silicon Valley dont le co-fondateur de Google Sergey Brin et le créateur de Facebook Mark Zuckerberg. Le comité considère ces prix comme les "Oscars de la science" et a commencé à les distribuer en 2012 pour saluer des avancées scientifiques dans les domaines des sciences du vivant, de la physique fondamentale et des mathématiques.

Chory a gagné le prix pour les recherches qu'elle conduit depuis 30 ans afin de trouver de nouvelles façons de faire pousser des plantes plus vigoureuses. 

Mais elle se concentre maintenant sur la conception d'un légume à feuilles vertes qui peut à la fois nourrir la planète et absorber le dioxyde de carbone présent dans l'air pour réduire les effets du changement climatique. Chory espère qu'un jour, cette plante résistante à la sécheresse et aux inondations pourra être cultivée à des fins alimentaires tout en retenant 20 fois plus de carbone que les graminées vivaces actuelles. Il se peut que cette plante ait le goût de pois chiche, selon elle.

Chory estime qu'il faudra à peu près dix ans et 50 millions de dollars pour faire de cette plante riche en protéines une réalité. Mais le temps presse: la plupart des estimations suggèrent que d'ici à la fin du siècle, la température de la Terre sera supérieure de 2 degrés Celsius par rapport aux niveaux pré-industriels.

Un des visuels présentés par Chory lundi pour expliquer son idée de plante capturant le carbone. The Salk Institue/Joanne Chory

"Notre monde est à un croisement", a déclaré Chory devant un public réuni à Palo Alto lundi, le lendemain de la remise de son prix. "On doit faire quelque chose, faire quelque chose rapidement, pour empêcher que la planète devienne trop chaude".

L'idée de plante captatrice de carbone qu'a eu son équipe est basée sur un polymère appelé "subérine".

"C'est essentiellement du liège", a-t-elle expliqué.

La subérine, selon Chory, peut entreposer et garder le carbone pour des centaines voire des milliers d'années dans le sol sans se dégrader. Une plante vivace pourrait donc à la fois purifier l'air et ajouter de l'oxygène dans l'atmosphère. Et, selon elle, les racines pourraient être résistantes aux inondations et aux sécheresses.

"Beaucoup de graminées littorales fabriquent beaucoup de subérine", explique-t-elle. "Je pense que cela empêche l'eau de pénétrer dans la plante".

Chory a déjà réussi à cultiver des pousses de plante mutante sans lumière. Elle a permis à certaines plantes de grandir plus à l'ombre en exposant leurs graines à des produits chimiques qui altèrent leur ADN, et a découvert une nouvelle classe d'hormones végétales appelées "brassinostéroïdes". Son travail a aussi permis de créer des souches de plantes plus résistantes au stress et aux agents pathogènes, pour les conditions difficiles.

Afin que la nouvelle création végétale de Chory puisse avoir un impact sur le changement climatique, elle estime qu'elle doit occuper 5% des terres cultivées mondiales. Avec un tel espace — l'équivalent de la surface de l'Egypte — elle pense que la plante pourra capturer 50% des niveaux actuels d'émissions de CO2 causées par les humains.

Même si son idée en est encore au stade d'espoir, Chory pense qu'il s'agit probablement d'une meilleure stratégie que de forcer les gens à réduire leurs émissions de carbone d'une autre façon.

"Je vis en Californie du Sud, là où personne ne réduit son emprunte carbone de 50% — moi inclus", a-t-elle dit.

Chory affirme qu'elle n'a pas la main verte — elle blague sur le fait qu'elle connait mieux l'intérieur des plantes que l'extérieur. Mais elle est optimiste sur l efait qu'avec assez de tentatives, elle pourra concevoir un moyen d'aider l'environnement sans changer son style de vie californien. 

Version originale: Business Insider / Hilary Brueck

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