Nikolay Storonsky, DG et fondateur de Revolut, à la conférence Techcrunch Disrupt à Berlin le 5 décembre 2017. YouTube/Techcrunch

C’est ce qui s’appelle couper l’herbe sous le pied de la concurrence. Alors que la néo-banque allemande N26 annonçait fièrement mercredi avoir atteint le million de clients en Europe, la britannique Revolut déclare jeudi avoir dépassé le seuil des 2 millions. Le marché britannique arrive en tête (900.000 utilisateurs) suivi par la France (275.000). Ces chiffres font d’elle la première néo-banque européenne, une catégorie qui désigne un établissement offrant des services de paiements sans être adossé à un groupe bancaire historique.

Revolut profite de cette nouvelle symbolique pour annoncer le lancement d’ici “quelques mois” d’une plateforme de trading intégrée à son application. La start-up prévoit d’offrir la possibilité d’investir dans un “univers réduit” de sociétés cotées sur les marchés américains et britanniques, ainsi que dans d’autres outils d’investissement tels que des ETF (fonds répliquant un indice) et des options (qui permettent de se positionner sur un actif, sans l’acheter). La grande force de ce service, souligne sa direction, est qu’il sera… sans frais. En France, il est difficile de trouver des frais de courtage inférieurs à une vingtaine d’euros sur les actions américaines, même si le trublion Degiro facture seulement 0,50 euro.

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Business model: offre premium et effet de levie

Revolut

Revolut précise que sa future plateforme de trading sera d'abord réservée à l’offre “Premium” (avant d'être ouverte à tous au bout de quelques semaines), actuellement proposée à 7,99 euros par mois. Cette formule permet notamment d’obtenir une carte bancaire faisant bénéficier d’une assurance maladie à l’étranger et d’un plafond de retraits supérieur. Revolut compte aussi se rémunérer sur l’utilisation de l’effet de levier, c’est-à-dire le fait pour un client d’emprunter de l’argent pour faire du trading en amplifiant ses gains ou ses pertes (un système également utilisé par la plateforme eToro à laquelle nous avons récemment consacré un gros plan).

Revolut n’a pas encore tranché sur le modèle final : proposeront-ils à leurs clients la propriété pleine des titres financiers dans lesquels ils investissent, ou les exposeront-ils seulement au risque (comme sur eToro qui utilise des CFD) ? “Rien n'est acté, explique Emmanuel Boulade, en charge de la communication de la filiale française, même si nous penchons plutôt pour la première option à l'heure actuelle.”

Progressivement, Revolut poursuit sa mue qui la rapproche de l’application américaine Robinhood. Celle-ci propose depuis 2013 du trading sans frais et bénéficie d’un intérêt croissant auprès des jeunes (4 millions de clients dont l’âge médian est de 30 ans). Robinhood offre depuis février à ses utilisateurs d’investir dans les cryptomonnaies, ce que Revolut permet depuis décembre 2017. Sa dernière levée de fonds, achevée mi-mai, valorise la start-up à 5,6 milliards de dollars. De quoi donner des idées à Revolut ?

“Robinhood est une superbe entreprise avec une très forte croissance, juge Emmanuel Boulade, et la façon dont ils disruptent la gestion de patrimoine aux États-Unis est assez impressionnante. Nous avons la même ambition pour le marché européen, où il y a énormément de progrès qui peuvent être faits sur ce secteur.” Boursorama peut trembler...

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