Bertrand Fleurose, le fondateur et président de Cityscoot. Cityscoot

Le transport électrique en libre-service à Paris n'est plus du seul ressort des Autolib de Vincent Bolloré.

On peut désormais également se déplacer en scooter électrique dans la capitale. 

Deux entreprises proposent ce service: Mober et Cityscoot.

Lancé en juin 2016 après une phase de tests de plusieurs mois, Cityscoot est le plus gros acteur.

En six mois, il a quadruplé le nombre de ses véhicules. Ses 600 deux roues blancs aux jupes bleues commencent à se faire remarquer dans les rues et sur les trottoirs de Paris. C'est 30 fois plus que Mober qui compte néanmoins en proposer 450 en septembre.

La flotte Cityscoot va passer à 1000 scooters 50 cm3 en mars — bridé à 45 km/h — avant d'atteindre 3000 en 2020.

Surtout, les deux entreprises proposent un service qui est facile à déployer dans une municipalité tout en répondant aux besoins des habitants de se déplacer vite et de plusieurs façons.

En effet, à la différence d'une Autolib ou même du Vélib, le scooter en libre-service ne nécessite pas d'aménagement urbain. Les scooters ne sont rattachés à aucune borne ni reliés à aucune recharge. 

C'est ce qu'on appelle le free floating. Après chaque trajet, l'utilisateur laisse tout simplement le scooter dans la rue, sur une place réservée aux deux roues motorisés ou sur un emplacement de voiture.

"C'est un complément aux voitures, aux transports en commun et aux taxis, explique Vincent Bustarret, le directeur marketing de Cityscoot, à Business Insider France. Et les mairies ne dépensent aucun euro."

"Le paiement s'effectue à l'usage, il n'y a aucun abonnement. C'est aussi pour cela que nous avons déployé en plusieurs temps. Nous ne voulions pas créer ni de frustration ni d'obligation",  confie Vincent Bustarret.

Six ans après son lancement, cette critique revient souvent chez les usagers d'Autolib: le nombre de voitures et de bornes n’a pas augmenté dans les mêmes proportions que le nombre d’utilisateurs. Résultat, il y aurait d'ailleurs de moins en moins de trajets effectués par les abonnés d'Autolib et ils s'effectueraient sur de plus courtes distances.

Cityscoot espère ainsi séduire bientôt d'autres villes. Des contacts ont été noués avec des communes limitrophes — on pense à Levallois — et des métropoles françaises. Marseille et Lyon seraient naturellement ciblées.

En 2018, il s'agira de l'étranger. Berlin, Madrid, Barcelone, Amsterdam se sont mis au scooter électrique. "Mais nous sommes les plus gros de tous avec notre technologie propriétaire qui peut nous permettre de dupliquer rapidement notre modèle", explique Vincent Bustarret.

Dix mois après son démarrage à Paris, Cityscoot revendique 100.000 locations "avec une forte progression des inscriptions depuis le mois de janvier". Il y aurait 15.000 personnes inscrites pour un peu moins de 10.000 comptes actifs.

1000 locations seraient effectuées par jour. Un chiffre impossible à vérifier. Interrogée, l'entreprise se refuse à dévoiler le nombre de locations par jour et par scooter nécessaires pour arriver à son point d'équilibre. Elle prévoit une croissance naturelle après l'hiver lorsque les températures se réchaufferont. "Nous sommes rentables sur l'exploitation."

Soutenue à sa création en 2014 par Bpifrance et la Région Île de France, l'entreprise a levé 15 millions d'euros en juin dernier, auprès de la CDC (10% du capital), de family offices et à 50% sous forme de crédit bail auprès de LeasePlan, spécialisée dans la location de parcs automobiles et fournisseur des scooters fabriqués en Pologne.

L'entreprise emploie 50 salariés.

L'expérience Cityscoot se veut la plus simple possible. Voici comment ça marche.

Il n'y a aucune clé. La réservation et le paiement se font via l'application mobile. Après l'avoir géolocalisé et réservé, l'utilisateur dispose de 10 minutes pour débloquer son scooter par un code à 4 chiffres.

Un casque avec une charlotte est fourni si le conducteur n'en possède pas. En revanche, il doit être muni de ses propres gants.

Au rayon des contraintes: il est interdit de rouler à deux et la location est impossible 23h et 7h du matin. "On a décidé de ne pas les mettre à disposition la nuit tant en termes de sécurité, d'assurance que de maintenance." Chez Mober, ces deux interdits n'existent pas.

Le scooter de Cityscoot a une autonomie de 70 à 80 km, grâce à deux batteries : l'une, qui fait office de recharge, est amovible — elle est remplacée la nuit.

Le tarif de base est de 0,28 €/minute. En achetant des packs, ce coût peut descendre à 0,20€. Selon les premières données disponibles, le trajet moyen dans les rues de Paris — le périphérique est interdit — est compris entre 15 et 20 minutes.

Cityscoot affirme n'avoir subi aucun vol et ne déplore qu'une dizaine de sinistre "légers".

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