Loïc Soubeyrand, fondateur de Lunchr. Lunchr

La startup Lunchr, qui dématérialise les tickets-restaurants à travers une carte Mastercard et une application, annonce avoir réalisé une nouvelle levée de 11 millions d'euros, dans un tour mené par Idinvest, en trois semaines.

Cette opération intervient un an après les 2,5 millions d'euros levés auprès du fonds Daphni, qui participe également à ce tour de financement.

A 32 ans, son fondateur Loïc Soubeyrand n'en est pas à son coup d'essai. Il a cofondé Teads en 2012 —une entreprise spécialisée dans la publicité en ligne — avant de la revendre en 2017 au groupe Altice 285 millions d'euros.

Interrogé sur les points communs et les différences entre ses deux aventures, l'entrepreneur montpelliérain confirme que "beaucoup de choses me rappellent Teads dans Lunchr" avant de pointer deux différences majeures: la vitesse d'exécution et la fluidité.

"C'est encore plus rapide et plus fluide grâce à l'expérience accumulée chez Teads. On va encore plus vite en terme de constitution d'équipe, de financement obtenu et de product market fit (ndlr: adéquation du produit au marché). On avait mis un an et demi sur ce dernier point chez Teads. Là, ça nous a pris quelques mois", confie-t-il à Business Insider France.

Après avoir caché son réel coeur d'activité pendant un an,  Lunchr est entrée le 1er février 2018, sur le gigantesque marché des tickets restaurants français, utilisés par 4 millions de salariés pour déjeuner ou faire une partie de leurs courses, soit 6 milliards d'euros échangés. La startup de 20 salariés — 60 envisagés d'ici la fin de l'année — s'est incrustée sur un marché oligopolistique dominé par les mastodontes Edenred, Sodexo, Chèque Déjeuner (Groupe Up) et Natixis.

L'app Lunchr. Lunchr

Utilisable dans 180.000 restaurants et supermarchés en France, Lunchr revendique 600 entreprises adhérentes. Une belle percée selon ses investisseurs.

"Lunchr fait partie de cette nouvelle génération de startups fintech qui, en mettant l'utilisateur au centre de l’expérience, connaissent une très forte traction organique dès leur lancement", explique Marie Ekeland, partener de Daphni, citée dans un communiqué.

Loïc Soubeyrand estime qu'il pourrait compter 100.000 salariés utilisateurs d'ici la fin de l'année sans préciser le nombre actuel aujourd'hui.

Pour y parvenir, Lunchr défie les géants sur le prix, l'expérience utilisateur et la simplification des échanges. L'application permet aux employés de gérer leur solde en temps réel, leur carte titre-restaurant mais également de commander leurs déjeuners, seul ou en équipe, tout en payant séparément et de bénéficier de réductions jusqu'à 30%.

Lunchr prélève des frais de gestion et une commission de 3,5% sur les dépenses effectuées via la carte et de 5% via l'application.

A terme, Lunchr envisage de dupliquer son modèle dans les 33 pays qui utilisent les tickets restaurants. 

Avant de se vendre, comme Teads avec Altice?

"J'ai appris chez Teads à ne pas se concentrer sur une vente. C'est ce qui nous a rendu fort: on ne dépendait d'aucune pression d'investisseur: on pouvait racheter, se faire racheter, faire une levée de fonds ou emprunter.  Je chercherais le plus longtemps possible à garder toutes les options ouvertes sur la table."

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