Bernard Arnault, le propriétaire de LVMH et donc de Moët Hennessy, avec Thibaut Jarousse, l'un des cofondateurs de 10vins (à dr.). Facebook/10vins

Le secteur du champagne doit faire face à une hausse des prix d'une ampleur inédite dans les vignobles les plus prisés en cette fin d'année 2017, ont déclaré à Reuters plusieurs professionnels du secteur. 

LVMH, dominant avec ses marques Moët & Chandon, Veuve Clicquot ou Ruinart, est pointé du doigt par les professionnels du secteur comme étant responsable d'une augmentation qui a pu aller jusqu'à 9% des prix pour certains raisins.

"Les hausses payées par LVMH pour les meilleurs crus ont marqué les esprits et créé l'anxiété", a confié le responsable d'une grande maison, sous couvert d'anonymat.

LVMH pèse pour 20% des expéditions de champagne en volume et pour environ 30% des ventes en valeur.

Le dirigeant d'une maison de négoce indépendante évoque aussi une "offensive sans précédent du groupe LVMH , dont les moyens sont considérables et qui risque d'affecter la rentabilité de certains négociants."

Plusieurs professionnels du secteur y voient l'émergence d'une bataille pour les approvisionnements en raisins de qualité.  

A leurs yeux, le numéro un mondial du luxe cherche — en amont des négociations sur le renouvellement des contrats avec les vignerons — à sécuriser ses approvisionnements dans les crus les plus prisés, compte-tenu de ses besoin de croissance et de valorisation de ses marques.

Interrogé par Reuters, Stéphane Baschiera, PDG de Moët & Chandon, champagne le plus vendu dans le monde, a répondu que les hausses de prix n'avaient été "que de quelques pourcents", sans vouloir être plus précis.

Bataille pour les "grands" et les "premiers" crus

"Nous ne réfutons pas totalement l'argument des approvisionnements, mais nous ne sommes pas obnubilés par la quantité. La qualité pour nous est primordiale", a plaidé le responsable de Moët & Chandon, disant aussi vouloir aider à financer les vignerons qui optent pour une viticulture durable.

Si la hausse moyenne des prix n'a pas été spectaculaire, oscillant autour de 2%, elle a pu atteindre 8% dans les vignobles les plus prestigieux, ceux des 17 communes classées "grand cru" et des 44 "premier cru".

Compte-tenu des limites géographiques de l'appellation, qui compte au total plus de 300 communes, ces hausses de prix risquent de bousculer les équilibres existants entre vignerons et négociants.

Car en rémunérant davantage les vignerons, elles risquent de les détourner de la production de champagne.

Les vignerons pèsent aujourd'hui pour environ 27% des ventes totales de champagne, le solde étant écoulé par les négociants.

 

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