Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, ne se présentera pas pour l'enquête parlementaire britannique sur les informations mensongères. Justin Sullivan/Getty

  • Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, a refusé de témoigner devant les autorités britanniques et d'expliquer le rôle de son entreprise dans l'affaire des données récoltées par Cambridge Analytica. 
  • Le fondateur de Facebook a demandé à deux autres dirigeants de la société, le directeur de la technologie, Mike Schroepfer, et le chef de produit, Chris Cox, d'aller témoigner à sa place. 
  • Les deux cadres devront expliquer comment Facebook a permis à Cambridge Analytica de récolter une masse importante de données de Facebook, à l'insu de la société et de ses utilisateurs. 
  • Le chef de la commission parlementaire a dit qu'il désirait toujours entendre Mark Zuckerberg en personne. 

Mark Zuckerberg a refusé de se présenter en personne devant les politiques britanniques pour expliquer le rôle de Facebook dans le scandale de l'entreprise d'analyses de données Cambridge Analytica — et a demandé à deux autres dirigeants de l'entreprise de témoigner à sa place. 

Rebecca Simon, à la direction de la politique publique de Facebook au Royaume-Uni, a répondu aux appels du politicien conservateur, Damian Collins, qui estime que Mark Zuckerberg devrait se présenter devant une commission d'enquête spéciale au sujet des informations mensongères, "fake news" en anglais. 

Elle a écrit à Collins: "Facebook reconnaît pleinement le degré d'intérêt public et parlementaire concernant ces sujets et soutient l'idée que ces problèmes doivent êtres discutés aux plus hauts niveaux de l'entreprise, par ceux qui seront en mesure de répondre à vos questions. Ainsi, M. Zuckerberg a personnellement demandé à l'un de ses adjoints de se rendre disponible pour apporter son témoignage en personne à la Commission".

Les "adjoints", qui témoigneront devant les députés britanniques, sont deux dirigeants de Facebook de longue date: le directeur de la technologie, Mike Schroepfer, et le chef de produit, Chris Cox. 

Vous pouvez lire la lettre (en anglais) dans son intégralité, via un tweet du journaliste de Bloomberg, Joe Mayes: 

Damian Collins a répondu à la lettre de Facebook dans un communiqué ce mardi 27 mars 2018. Il a dit que "nous souhaiterions toujours entendre [ce témoignage] de M. Zuckerberg lui-même" mais que la commission était "très heureuse de convier M. Cox pour entendre son témoignage". 

Damian Collins a également commenté la décision de Mark Zuckerberg de ne pas témoigner en personne, dans un communiqué:

"Facebook a de nombreuses questions auxquelles ses dirigeants n'ont pas su répondre, avant notre commission. En tant qu'adjoint de Mark Zuckerberg, nous espérons que Chris Cox aura l'autorité suffisante et la responsabilité opérationnelle pour répondre correctement à ces questions. 

Compte tenu de la gravité de ces problèmes, nous continuons de croire que Mark Zuckerberg est la personne la plus adéquate pour ce témoignage. Nous voudrions donc qu'il confirme qu'il pourra se rendre disponible pour témoigner devant la Commission. Il a déclaré dans des interviews, que s'il était la personne la plus à même de témoigner, il le ferait. Nous pensons qu'il est la personne la plus à même de le faire, et nous avons hâte de l'entendre". 

Les deux dirigeants de Facebook mandatés par Zuckerberg relèvent directement du patron de Facebook, a écrit Simon. Schroepfer a déjà témoigné au sujet du rôle des informations mensongères et de l'implication de la Russie au cours de l'élection présidentielle américaine de 2016. Dans l'immédiat, Cox n'a pas souhaité faire de commentaires concernant ce scandale. Mais ce choix est intéressant, sachant qu'il est considéré comme l'un des dirigeants les plus importants de Facebook, aux côtés de la COO, Sheryl Sandberg.  

Collins a demandé à Mark Zuckerberg de témoigner auprès de la Commission du Département de la Culture, des Médias et du Sport britannique plus tôt dans le mois, quand The Observer a rapporté que l'entreprise d'analyses de données Cambridge Analytica avait illégalement siphonné des millions de profils d'utilisateurs de Facebook, via une appli tierce.

Ces données auraient été utilisées pour dresser un profilage "psychographique" et pour cibler les électeurs américains avec précision, via des publicités politiques, bien que tout cela ne soit pas encore très clair. 

On ne sait pas non plus si certaines de ces données ont été utilisées lors du référendum du Brexit au Royaume-Uni en 2016. C'est en partie ce que Collins va chercher à savoir à travers cette enquête. 

Version originale: Shona Ghosh/Business Insider

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