Altice est sur la corde raide en ce moment, proche de tomber du mauvais côté. Wikimedia Commons/ kevint3141

L'agence de notation Moody's a annoncé à son tour mercredi 6 décembre placer sous surveillance la dette de plusieurs entités du groupe de télécoms, de câble et de médias Altice, dont le cours dévisse en Bourse depuis un mois.

Moody's emboite le pas de S&P qui avait déjà dégradé fin novembre la perspective sur la dette du groupe de "stable" à "négative", impliquant une possible dégradation de sa note "B+" dans un délai de 12 mois.

C'est un coup dur de plus pour Altice après un mois de novembre désastreux, avec un cours de l'action qui a chuté de plus de 50%.

Cette décision n'est pas anodine et pourrait davantage fragiliser l'entreprise. En effet, les investisseurs sont très attentifs aux modifications de notes ou aux mises sous surveillance des titres.

Dans un communiqué, Moody's a expliqué placer sous surveillance les dettes d'Altice Luxembourg, Altice International et SFR et elle a assorti cette mesure d'une perspective négative sur la note de crédit.

Concrètement, cela signifie que Moody's estime que le risque de non-remboursement de sa dette de 50 milliards d'euros par Altice augmente.

"La décision de changer la perspective à négative sur les notes d'Altice Luxembourg reflète le positionnement très fragile de la notation et les faiblesses constatées en termes de revenus sur les marchés clefs de la France et du Portugal au troisième trimestre 2017", commente notamment Colin Vittery, vice-président à Moody's et analyste en chef pour Altice Luxembourg.

Une agence de notation émet des notes sur des titres de dettes émis par des entreprises, par des banques, par des investisseurs, rappelle Les Echos. Standard & Poor's, Moody's, Fitch, font partie des plus connues.

La note correspond à la perception qu'à l'agence de notation de la solvabilité de l'émetteur, compte tenu de multiples paramètres dont la situation financière, comme c'est le cas aujourd'hui pour Altice.

"Des changements de management sont intervenus à un moment critique pour l'activité française alors qu'elle fait face à un niveau élevé de désabonnements et à une restructuration opérationnelle dans un contexte de liquidité réduite et de pressions accrues sur les covenants financiers".

Sanctionnée par les investisseurs après des résultats trimestriels jugés décevants, la holding du milliardaire Patrick Drahi a promis de donner la priorité au désendettement et annoncé des cessions d'actifs non stratégiques rapides.

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