Plusieurs membres du parti Allons Enfants. Allons Enfants/Lisa Briand,

Plusieurs membres du parti Allons Enfants. Allons Enfants/Lisa Briand

Les élections législatives françaises se dérouleront les 9 et 16 juin 2017. 

Il y a 577 sièges de députés en jeu.

Lors de la dernière élection en juin 2012, la moyenne d'âge d'un député était de 59 ans et 10 mois.

Une formation politique souhaite profiter de ces élections pour rajeunir les bancs de l'hémicycle.

Le parti des jeunes Allons Enfants a ainsi décidé de présenter 100 candidats âgés de 18 à 25 ans aux Législatives.

Fondé en 2014 à Saint-Cloud (92), Allons Enfants compte deux élus au conseil municipal de la ville de 30.000 habitants.

La démarche au départ locale sert aujourd'hui les desseins nationaux.

"A l’origine, il y avait une opération de communication, ensuite, c’est devenu une ambition: mettre des jeunes à l’Assemblée nationale. On a commencé à faire 4-5 conférences dans des écoles et des universités et on a constaté une vraie attente. Etre élu est malheureusement devenu un métier. On veut prouver qu'on peut faire de la politique différemment, en portant un programme fait par et pour les jeunes", explique Pierre Cazeneuve, le président du parti, à Business Insider France.

Le mouvement se dit "transpartisan", "ni de gauche, ni de droite, mais un peu des deux à la fois". Au second tour des Municipales, le mouvement avait décidé de rester indépendant, ne ralliant aucune liste, ni celle du maire sortant Eric Bertoati (Union de la droite), d'Aymeric Lhermitte (Divers droite) ou de Xavier Brunschvicg (Parti socialiste).

Comme il y a deux ans, le parti va faire campagne sur le thème du renouvellement politique et du "désintéressement de la politique pour les jeunes".

Le programme, prochainement dévoilé, s'articule dans les grandes lignes autour de la transparence, de la démocratie participative et d'une loi  "Allons Enfants", qui entend limiter à deux le nombre mandats et à imposer un quota de jeunes dans les listes municipales.

Pierre Cazeneuve, président du parti Allons Enfants.

Pierre Cazeneuve, président du parti Allons Enfants.

Pierre Cazeneuve est prêt à affronter la moquerie et la condescendance de ses concurrents.

"Je ne me lance pas pour 'prendre une  taule'. Lors des municipales, on avait 35 jeunes sur notre liste. Certains nous riaient au nez, disant qu'on allait faire 1%. On a eu deux élus... C'est gravissime de nous dire que notre démarche est utopique. Ça devrait être une évidence. On est convaincu de réparer une injustice. "

Le manque d'expérience n'est pas un problème pour le jeune homme de 20 ans, qui suit un double cursus Sciences-PO-HEC. Il oppose à cet argument les réussites entrepreneuriales des patrons américains de la tech.

"Je le répète sans cesse : quel âge avaient Steve Jobs et Larry Page quand ils ont créé Apple et Google? Ceux qui changent le monde, ce sont des jeunes. La politique aurait besoin d’entrepreneurs de la sorte pour changer le paradigme."

Allons Enfants revendique déjà une soixantaine de candidats. Il lui reste moins de six mois pour en trouver 40 à 50 autres dans toute la France via les réseaux sociaux ou ses antennes de Lille, Strasbourg et bientôt Aix-en-Provence.

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Pour ce faire, le parti devra sans doute se débarrasser de la probable étiquette du parti "des petits bourgeois de Saint-Cloud". En 2013, le taux de chômage des habitants de la ville était de 7,6 % contre 13,6% en France. Le revenu median était légèrement supérieur à 36.000 euros contre 20.184 euros dans l'Hexagone.

"On sait qu’on va nous opposer ce profil. On n'a pas choisi, c'est notre ville de naissance. Mais on répond : justement ! On va aller chercher des jeunes, qui se sentent encore plus éloignés de ces questions que nous. On a déjà trois candidats en Seine-Saint-Denis par exemple. A mon avis, on a beaucoup plus de chance de gagner à Montreuil que dans le 16ème, là où il y a plus de jeunes, abstentionnistes et désabusés."

Le parti veut profiter de cette campagne pour faire parler de lui pour les prochaines élections municipales en 2020. Il a l'objectif — conséquent— de placer 10.000 jeunes dans les conseils municipaux.