Quatre mois après l'annonce du nouveau plan stratégique de Carrefour, prévoyant de céder ou fermer 273 ex-magasins Dia, le bilan est très maigre.

Seule une vingtaine de points de vente ont réussi à séduire un repreneur. Le détail des offres de reprises est présenté aujourd'hui lors d'un comité central d'entreprise, avant une autre réunion le 21 juin, au cours de laquelle le CCE livrera sa position. 

"Les chiffres peuvent encore changer", espère Bruno Biguet, délégué syndical FO de Carrefour Proximité. "Mais nous sommes surpris, nous pensions vraiment que l'ensemble du réseau allait être repris, or là, c'est du cas par cas". 

Lidl et Système U ont bien fait des offres, mais uniquement pour une poignée de magasins et aucune grande enseigne n'a été convaincue par une reprise globale. 

Il faut dire que la mariée n'est pas au mieux de sa forme. En 2014, le rachat du réseau Dia France par Carrefour avait été salué comme un grand coup pour le distributeur. En reprenant d'un coup 813 magasins — pour près de 600 millions d'euros —, Carrefour espérait accélérer son expansion multiformat avec ses concepts de proximité, Carrefour Market, City, Contact...

Mais en 2017, les pertes opérationnelles de l'ex-réseau Dia ont atteint 150 millions d'euros. Constat d'échec sévère pour Carrefour qui a fait de la cession d'une partie des magasins de l'ex-réseau Dia, l'un des points forts de son plan de transformation, présenté en début d'année par son président-directeur général Alexandre Bompard. "On a tout essayé", expliquait-il sur BFMTV le 24 janvier. "Mais on n'est pas parvenu à exploiter ce modèle et cela vient fragiliser l'ensemble de nos activités en France".

Le problème de la localisation

273 magasins, identifiés comme ayant le moins de potentiel pour Carrefour, ont donc été mis en vente, mais en vain. Si Carrefour n'a pas réussi à redresser la barre, comment d'autres enseignes pourraient-elles le faire? Au vu de la situation, personne ne tente donc le défi d'une reprise globale et comme la plupart des groupes fonctionnent en location-gérance, si l'enseigne-mère n'y va pas, les gérants n'ont pas de raison d'y aller de leur côté...

Autre difficulté soulevée par Bruno Biguet, la localisation des magasins. "Beaucoup sont mal situés. A Paris par exemple, ils sont souvent dans des renfoncements d'immeubles, dans des passages peu stratégiques. Les problèmes d'emplacements font qu'il est difficile parfois de trouver une rentabilité. S'ajoute à cela, la question des bailleurs qui veulent bien entendu valoriser leurs biens et augmenter les loyers".

Carrefour se prépare donc à céder quelques rares magasins. Les autres baisseront tout simplement le rideau en septembre et 1850 salariés devront trouver un autre travail. 

Vous avez apprécié cet article ? Likez Business Insider France sur Facebook !

Lire aussi : Carrefour ferme 243 magasins — voici où ils disparaissent

VIDEO: Voici comment les Marines américains construisent un pont temporaire pour traverser un fleuve