L'ex-DG d'Uber, Travis Kalanick, le 26 juin 2016. REUTERS/Shu Zhang

Une lettre rendue publique lors du procès opposant Uber à Waymo, la filiale de voiture autonome d'Alphabet, a révélé que le spécialiste du transport à la demande a fait appel à des agents formés par la CIA afin d'espionner un concurrent et qu'elle a par ailleurs piraté les systèmes informatiques de ses rivaux pour y voler des données sensibles, rapportent nos confères de Business Insider US. 

Cette lettre, baptisée "Jacobs", a été écrite en mai dernier par un avocat à Richard Jacobs, l'ex-responsable du service des renseignements chez Uber.

Ce dernier aurait été licencié de l'entreprise en avril dernier car il aurait refusé de participer à des activités qu'il jugeait non-éthiques et illégales, ont affirmé ses avocats dans cette même lettre.

Un porte-parole d'Uber a répondu à Business Insider US que l'entreprise ne pouvait pas, à l'heure actuelle, confirmer toutes les allégations contenues dans cette lettre: 

"Alors que nous n'avons pas corroboré toutes les affirmations contenues dans cette lettre — mais surtout aucune concernant Waymo — notre nouvelle direction a clairement dit qu'au fil du temps, nous allons concourir de façon honnête et juste, grâce à la force de nos idées et technologies." 

L'une des premières révélations de cette lettre est que la startup américaine la mieux valorisée au monde, à environ 69 milliards de dollars, avait des agents spéciaux chargés de mettre sur écoute des hôtels et infiltrer des groupes WhatsApp, pour obtenir des secrets commerciaux de ses concurrents mais aussi des informations concernant des figures politiques et leurs partis. 

Ces agents spéciaux, formés par la CIA, se faisaient passer pour des hommes et femmes d'affaires afin de mener à bien leur mission.

L'un de ces agents a notamment trouvé "un nouveau moyen technique" dans un pays étranger dont le nom n'a pas été dévoilé qui permet de récolter des métadonnées provenant d'un téléphone mobile, dont la liste des appels effectués avec l'heure et le jour des différentes communications effectuées, probablement des appels téléphoniques et des sms également.

La lettre Jacobs a par ailleurs révélé qu'Uber a volontairement piraté les systèmes informatiques de ses concurrents afin d'obtenir des informations concernant les conducteurs de ses concurrents, pour ultérieurement les débaucher et espionner les opérations de ses rivaux en leur volant leur code de base.

Selon cette dernière, l'équipe chez Uber en charge de ces activités illégales: 

  • a accédé à distance à des communications et données confidentielles de concurrents;
  • s'est fait passer pour des conducteurs de VTC sur ces plateformes en question pour obtenir les fonctions principales de ces applis;
  • a volé des données pour identifier les conducteurs qui pourraient potentiellement booster la position d'Uber sur le marché;
  • s'est emparé de la base du code afin de comprendre plus en détail comment l'appli fonctionnait. 

Enfin, Uber aurait également espionné ses propres employés en enregistrant certains de leurs appels téléphoniques, sans leur avoir demandé leur autorisation, rapporte Business Insider US. Ces écoutes auraient conduit au départ d'un employé d'Uber, selon la lettre. 

On ne sait pas exactement quand cela s'est passé mais il semblerait que ces écoutes illégales se soient produites à la suite de la plainte déposée par Susan Fowler, l'ex-ingénieure d'Uber qui a dénoncé la culture sexiste de l'entreprise

En février dernier, Waymo a décidé de poursuivre Uber en justice, l'accusant d'avoir utilisé de la technologie volée pour développer ses propres projets de voiture autonome. 

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