Le viaduc Ponte Morandi qui s'est effondré dans la ville portuaire de Gênes, en Italie. 16 août 2018. REUTERS/Stefano Rellandini

C'est un groupe d'envergure mondiale. Atlantia, le concessionnaire du viaduc de Gênes via sa filiale Autostrade per l'Italia, se retrouve sous les projecteurs depuis la catastrophe du mardi 14 août.

L'effondrement d'un tronçon d'environ 200 mètres du pont Morandi a fait 43 morts dans la ville portuaire.

Spécialisé dans les infrastructures de transport, Atlantia a étendu ses activités bien au-delà de la péninsule italienne.

La société transalpine est contrôlée par la célèbre famille Benetton, qui possède un peu plus de 30% de son capital via sa holding financière Edizione. Elle a réalisé l'an passé un chiffre d'affaires de 5,97 milliards d'euros, en progression de 9%, et dégagé un bénéfice net de 1,17 milliard d'euros. 

Voici quelles sont les activités d'Atlantia en Italie, mais aussi en France et dans le reste du monde:  

Atlantia gère la moitié du réseau autoroutier italien, notamment via sa filiale Autostrade.

Siège d'Autostrade à Rome, en Italie, le 16 août 2018. REUTERS/Max Rossi

Le groupe italien est le concessionnaire de plus de 3000 km d'autoroutes en Italie, une activité qui pesait plus de 3,9 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2017. Atlantia gère, entre autres, le périphérique de Naples, dans le sud du pays. 

La société exploite la partie italienne du tunnel du Mont-Blanc.

Le mont Blanc (en italien Monte Bianco), point culminant de la chaîne des Alpes, avec une altitude de 4 808,73 mètres. Pixabay/Werner Bayer

Elle est aussi l'opérateur des deux aéroports de Rome, Léonard-de-Vinci et Ciampino, où se sont croisés quelque 47 millions de voyageurs en 2017.

Aéroport Léonard de Vinci. Wikimedia Commons/Carlo Dani

Les revenus associés à l'exploitation des deux aéroports se sont élevés à 901 millions d'euros en 2017.

En France, Atlantia contrôle l'aéroport de Nice depuis sa privatisation en 2016.

L'entreprise transalpine possède la concession de l'aéroport jusqu'en 2044. Il a accueilli l'an passé plus de 13 millions de passagers.

En plus de l'aéroport de Nice, le groupe a pris le contrôle des aéroports de Cannes-Mandelieu et de Saint-Tropez.

Aéroport de Cannes-Mandelieu. Wikimedia Commons/Olivier Cleynen

En mars 2018, Atlantia s'est emparé des autoroutes du Nord et de l'Est de la France, en faisant l'acquisition de l'espagnol Abertis.

Autoroute A1 reliant Lille à Paris. Wikimedia Commons

Le groupe italien a fait l'acquisition de son homologue espagnol Abertis en coopération avec le tandem germano-espagnol Hochtief-ACS, pour un montant total de 18,2 milliards d'euros selon Les Echos. Or, Abertis est la maison-mère de la Société des autoroutes du Nord et de l'Est de la France (Sanef), qui contrôle 22% du réseau autoroutier français.

La société exploite également près de 1560 km d'autoroutes en Espagne et possède des actifs dans d'autres pays d'Europe, principalement en Italie et au Royaume-Uni, ainsi qu'en Amérique latine, notamment au Chili et au Brésil.

Le groupe est aussi devenu le premier actionnaire du tunnel sous la Manche.

Outre Abertis, Atlantia a pris possession début mars de 15,5% du capital de Getlink (ex-Eurotunnel), pour un montant d'un peu plus d'un milliard d'euros. Le groupe italien est ainsi devenu le premier actionnaire de la société qui exploite le tunnel ferroviaire reliant la France au Royaume-Uni. Elle détient également 26,6% des droits de vote.

A l'international, Atlantia est l'opérateur de plus de 2000 km d'autoroutes.

Autoroute brésilienne. Wikimedia Commons/Marco Aurélio Esparz

L'entreprise est notamment présente au Brésil, où elle exploite près de 1540 kilomètres d'autoroutes, mais aussi au Chili (313 km), en Inde (50 km) et en Pologne (61 km). La concession de ces autoroutes à l'étranger a représenté pour Atlantia un chiffre d'affaires de 648 millions d'euros en 2017.

Le groupe italien s'intéresse à présent aux aéroports de Paris.

Orly Sud, en 2006. Wikimedia Commons/

L'Etat français veut privatiser la société ADP, gestionnaire des aéroports de Roissy, Orly et du Bourget. Alantia réfléchirait à prendre la tête d'un consortium pour participer à l'appel d'offres. Mais la catastrophe de Gênes pourrait remettre en cause ses plans et ses chances de l'emporter.

Trois consortiums ont déjà manifesté leur intérêt pour ADP, selon Reuters: l'un mené par Global Infrastructure Partners, basé aux Etats-Unis, l'autre par le groupe français Vinci et le dernier par le fonds australien IFM.

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