Des personnes en recherche d'emploi lors d'un salon à Denver aux Etats-Unis, le 4 octobre 2017. REUTERS/Rick Wilking

Le cabinet international de recrutement Robert Half vient de publier l'édition 2018 de son étude sur les rémunérations.

Cette étude révèle notamment que la moitié des directeurs et managers d'entreprises interrogés (51%) estiment qu'il est devenu "plus compliqué" de recruter des profils de haut niveau par rapport à il y a trois ans. Et que 14% trouvent que c'est devenu "beaucoup plus compliqué". 

Pourtant, comme le précise l'étude, la conjoncture économique est plutôt positive. Le FMI vient d'ailleurs de publier des prévisions de croissance de 1,6% en 2017 puis 1,8% en 2018 pour la France

Robert Half

La raison principale de cette difficulté grandissante pour les entreprises est la suivante: la transformation digitale. 

Dans son étude, le cabinet spécialisé dans le recrutement explique ceci: 

"De nombreux professionnels du recrutement et RH rapportent qu'il est aujourd’hui plus compliqué de recruter des profils qualifiés. Deux raisons principales: une économie qui se complexifie et réclame de nouvelles compétences et aptitudes, ainsi qu'une identification plus difficile des candidats ayant les compétences adéquates (techniques et comportementales)."

Un chiffre parlant dans ce contexte: on prévoit que d'ici 2020, 5 millions d'emplois seront devenus obsolètes avec l'arrivée de l'intelligence artificielle (IA)

Les entreprises doivent donc recruter des salariés "suffisamment agiles pour s'adapter aux nouveaux enjeux business" et "compatibles avec la culture organisationnelle et interne", qui évolue sur des modèles de plus en plus collaboratifs, précise l'étude.

Pas étonnant donc que les processus de recrutement deviennent plus longs: il faut compter trois mois pour recruter un salarié non cadre et quatre pour un cadre manager. 

Par ailleurs, les entreprises ont probablement plus de mal à recruter des jeunes talents car ces derniers ont le choix, relève l'étude de Robert Half. 

Le cabinet de recrutement recommande ainsi aux entreprises "pour sécuriser leur recrutement" d'être prêtes à s'aligner sur des prétentions salariales en hausse, causées par les niveaux d'expertise plus élevés, attendus avec la transformation digitale.

Toutefois, le salaire ne pourra pas être le seul argument des entreprises, puisque 71% des salariés placent l'intérêt du poste avant le salaire.

L'étude sur les rémunérations de Robert Half se base notamment sur les enquêtes menées en France en 2017, auprès de 200 directeurs ou responsables administratifs, 300 directeurs ou managers (tous secteurs confondus) et 200 directeurs ou responsables informatiques et sur des entretiens candidats et entreprises menés par des consultants du cabinet.

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