Illustration de Galileo. Wikimedia Commons/Pouyana

La sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne aura bien lieu, que ce soit le 29 mars 2019, ou plus tard si le Royaume-Uni demandait effectivement à prolonger la période de négociations sur le Brexit.

Mais le divorce sur le plan spatial entre les deux parties semble lui déjà entamé: le Financial Times a rapporté, ce mardi 24 avril 2018, que la Commission européenne a commencé à exclure le gouvernement britannique et les entreprises du pays des futurs travaux les plus sensibles concernant le système de GPS européen Galileo, opérationnel depuis décembre 2016, en prévision du Brexit. 

Le Royaume-Uni a contribué à hauteur de 1,4 milliard d'euros — sur un budget de plus de 10 milliards — au programme Galileo depuis 2003 et a effectué environ 15% du travail. A terme, l'objectif de cette constellation de satellites est de permettre à l'Europe de réduire sa dépendance au GPS américain. 

Cette mise à l'écart, justifiée par l'UE pour des questions de sécurité, déplaît fortement au Royaume-Uni, qui semble prêt à riposter, de plusieurs façons, selon les informations du FT: 

  • il pourrait concevoir son propre système de navigation par satellite, qui serait alors un rival direct de l'Européen Galileo,
  • le ministre britannique des entreprises, Greg Clark, a demandé des conseils juridiques pour récupérer la somme de 1,4 milliard d'euros investis dans le programme Galileo depuis 2003, 
  • le Royaume-Uni se préparerait à bloquer une demande d'approvisionnement pour la prochaine salve de satellites Galileo, lors d'une réunion qui se tient à Berlin ce mercredi 25 avril. Cette demande doit être approuvée à l'unanimité par les Etats membres de l'ESA, 
  • et l'UE craint également que le Royaume-Uni refuse que des stations situées au sol sur les îles Falkland et l'île de l'Ascension — appartenant toutes au Royaume-Uni — soient utilisées pour Galileo. 

Greg Clark, ministre britannique des entreprises. REUTERS/Simon Dawson

Dans un communiqué diffusé par email, le ministre britannique des entreprises, Greg Clark, a ainsi déclaré: 

"Nous avons clairement fait savoir que nous n'accepterons pas la position de la Commission sur Galileo, qui pourrait nuire sérieusement à une collaboration mutuellement bénéfique en matière de sécurité et de défense", ajoutant que le programme Galileo — dont l'idée a émergé en 1999 mais qui a été opérationnel seulement 17 années plus tard — pourrait prendre des années de retard et des coûts supplémentaires qui s'élèveraient à "plusieurs milliards". 

Une exclusion totale du programme Galileo ne serait pas une bonne nouvelle pour l'économie du pays: le secteur spatial connaît un rythme de croissance quatre fois plus élevé que le reste de l'économie britannique. 

Michel Barnier, le négociateur en chef de l'UE pour le Brexit, avait prévenu que le projet Galileo avait besoin d'être préparé pour le Brexit, soulignant que même si l'UE refusait que des entreprises britanniques soient impliquées dans les travaux les plus sensibles du programme, l'utilisation par le Royaume-Uni de la partie cryptée au plus haut niveau du système Galileo pouvait être un sujet de négociations. 

Le Français avait alors affirmé: 

"L'UE ne peut partager des informations confidentielles qui relèvent de la sécurité avec des pays qui se trouvent en dehors de l'UE. Mais il existe différentes manières pour que Galileo puisse coopérer avec des pays tiers et ces options sont aussi ouvertes pour le Royaume-Uni." 

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