Un employé d'Alstom travaille sur un TGV Euroduplex sur le site d'Aytre près de La Rochelle, le 31 août 2016. REUTERS/Regis Duvignau

Le Français Alstom et l'Allemand Siemens pourraient annoncer un rapprochement de leurs activités ferroviaires ce mardi 26 septembre 2017 à l'issue de leurs conseils d'administration respectifs.

Les deux géants européens du secteur ferroviaire ont pourtant été rivaux de longue date, se disputant contrats et appels d'offres.

Mais Alstom et Siemens ont désormais un ennemi commun, le groupe chinois China Railway Rolling Stock Corp (CCRR), formé en 2015 suite à la fusion de deux constructeurs de trains chinois et qui est en train de monter en puissance. 

Depuis son arrivée, ce géant a secoué le secteur ferroviaire international avec son chiffre d'affaires annuel de 28,6 milliards d'euros en 2016 et sa masse salariale de 184.000 personnes.

Avec ce mariage qui devrait être annoncé prochainement, Alstom — dont le chiffre d'affaires annuel avoisine les 7,3 milliards d'euros — et Siemens, dont la division transports affiche un chiffre d'affaires de 7,8 milliards d'euros, devraient désormais peser pour 15 milliards d'euros et compter près de 60.000 employés au total. 

Interrogé par l'Obs, l'économiste Elie Cohen a ainsi affirmé que ce mariage est "aujourd'hui indispensable" car "ils font face à des acteurs qui les ont rattrapés sur le plan technique", en faisant référence au groupe chinois CRRC. 

Même si pour l'instant, le Chinois "n'a pas encore la culture des appels d'offres internationaux", il "commence à en remporter" et à terme, il "va prendre de plus en plus de parts de marché et grossir", avance Matthieu Courtecuisse, directeur du cabinet Sia Parners interrogé par nos confrères de la Croix.

Et ceci pourrait s'expliquer par le prix de ses TGV. CRRC peut "fabriquer un train à grande vitesse pour 19 millions d'euros, alors que cela coûte 40 millions d'euros à Siemens", précisait le journal allemand Handelsblatt cité par Courrier International

Côté carnet de commandes, le Français Alstom a décroché une commande de 30 trains de la SNCF pour un montant de 250 millions d'euros en avril dernier, mais aussi deux commandes en Asie et un contrat de 3,7 milliards d'euros pour 255 RER de nouvelle génération qui circuleront sur les lignes D et E en Île-de-France. 

Le Chinois a, quant à lui, été choisi pour la construction de voitures de métro pour l'Agence métropolitaine de transport canadienne, rapportait La Presse.

Il envisage par ailleurs un développement rapide à travers le monde grâce à l'ouverture de 11 succursales régionales — en Russie, Royaume-Uni, Afrique du Sud ou encore Australie — d'ici 2020.

CRRC affiche ainsi l'objectif de prendre 10 à 15% des parts de marché au niveau mondial et s'attend à voir une augmentation du volume total de ses commandes à l'étranger à 15 milliards de dollars en 2020, rapporte le site French.China.Org.

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