Elon Musk. Scott Olson/Getty Images

  • D'anciens employés de l'usine Tesla en Californie ont intenté deux procès séparés affirmant qu'ils ont été victimes de harcèlement et de discrimination raciale. 
  • Un ancien employé dit qu'un supérieur a dessiné et accroché une caricature désobligeante de type "pickaninny". Tous disent avoir été traités de "nègre". 
  • Tesla dit que les employés n'avaient pas déposé plainte officiellement pour discrimination raciale quand ils étaient employés par l'entreprise. 

Trois anciens travailleurs de l'usine Tesla à Fremont en Californie ont engagé des poursuites contre l'entreprise en affirmant qu'ils avaient fait l'objet de discrimination raciale et de harcèlement au travail. 

La plainte, révélée en premier par Mercury News, a été déposée au Alameda County Courthouse lundi 16 octobre 2017. 

L'usine Tesla de Fremont est surveillée de près depuis que l'entreprise a du mal à produire son premier véhicule grand public, le Model 3. 

L'action en justice du 16 octobre est la deuxième à affirmer que les travailleurs noirs de l'usine de Fremont auraient fait l'objet de discrimination et de harcèlement. Tesla est convoqué à une audience le 14 novembre prochain devant le National Labor Relations Board, qui soutient que l'entreprise a violé les droits des travailleurs de Fremont en réprimant leurs efforts de syndicalisation. 

Un représentant de Tesla affirme que les employés cités dans l'affaire n'avaient jamais déposé plainte officiellement pour des termes et propos racistes à leur encontre.

"Dans les situations où Tesla est en faute, nous ne chercherons jamais à éviter toute responsabilité," affirme le porte-parole de Tesla dans une déclaration par mail à Business Insider. "Mais dans cet exemple, de ce que nous savons pour l'instant, cela ne semble pas être un tel cas."

Les trois hommes cités dans l'affaire sont tous trois Afro-Américains et avaient été embauchés à Tesla à travers trois différents cabinets de recrutement: Citistaff Solutions, West Valley Staffing Group, et Chartwell Staffing Services. Ces agences sont également cités dans la plainte. 

Owen Diaz dit que ses collègues l'appelaient fréquemment par un terme injurieux ("nègre") quand il travaillait à Fremont entre juin 2015 et mai 2016. Il prétend que son superviseur avait dessiné et accroché à l'usine une image d'un "pickaninny" (une insulte raciste désignant un enfant noir) avec comme légende "boo" (pour huer), et que de tels dessins étaient banals. 

Le procès dit qu'Owen Diaz avait porté plainte pour discrimination auprès d'un superviseur Tesla et de Citistaff, mais qu'aucune action n'avait été prise. Il a démissionné en mai 2016. 

Le représentant de Tesla a confirmé que le superviseur de Diaz avait reçu un mail en octobre 2015 disant qu'un collègue hurlait et faisait des commentaires agressifs. "Ce mail ne faisait mention d'aucun usage de langage ou de termes racistes," affirme le représentant de Tesla. 

Demetric Diaz, le fils d'Owen, était un associé de production à l'usine du Fremont de Tesla entre août 2015 et octobre 2016. Il dit aussi avoir enduré des termes racistes quotidiens durant son travail et a été licencié une semaine après avoir porté plainte auprès de son superviseur. 

Lamar Patterson, un opérateur d'ascenseur entre janvier 2016 et août 2016, dit qu'il avait fait l'objet de fréquents épithètes racistes avant de finalement démissionner. 

Le représentant de Tesla dit que Demetric Diaz et Patterson n'avaient jamais déposé plainte quand ils étaient employés par l'entreprise. 

La poursuite demande un procès devant jury et réclame une indemnisation indéterminée. La plainte est l'une des multiples plaintes qui affirment qu'il y a un environnement de travail toxique à l'usine Tesla de Fremont. 

Egalement employé de Fremont, DeWitt Lambert, affirme dans une action en justice séparée que des collègues le harcelait régulièrement en l'appelant par des termes racistes et en faisant des commentaires sexuellement explicites. Le cas est depuis en procédure d'arbitrage. 

Certains travailleurs à l'usine Tesla du Fremont demandent à former un syndicat depuis le début de l'année. Ceux faisant partie de l'effort de syndicalisation affirment qu'ils font face régulièrement à des heures supplémentaires obligatoires excessives et à des conditions de travail dangereuses. 

Tesla assistera à une audience le 14 novembre prochain devant le NLRB au sujet de sa répression des efforts de syndicalisation à l'usine du Fremont. 

Le porte parole de Tesla dit que l'entreprise a récemment lancé un programme de formation en ligne anti-discrimination et harcèlement que tous les employés sont tenus de le suivre. 

Voici la déclaration complète de Tesla:

"Aucun employé ne devrait jamais se sentir harcelé ou maltraité à cause de son origine ethnique, son sexe, ses croyances ou autres. Il y a plus de 33.000 personnes qui travaillent à Tesla, et étant donné notre taille, nous reconnaissons malheureusement qu'il y aura parfois des cas de harcèlement ou de discrimination au sein de l'entreprise. Qu'il n'y ait aucun cas sur un effectif mondial de 33.000 serait impossible pour n'importe quelle entreprise, peu importe à quel point nous nous en soucions. Et nous nous en soucions beaucoup, surtout étant donné à quel point tout le monde à Tesla travaille dur pour accomplir ce que beaucoup pensent impossible. Dans les situations où Tesla est en faute, nous ne chercherons jamais à éviter toute responsabilité. Mais dans cet exemple, de ce que nous savons pour l'instant, ce ne semble pas être un tel cas."

Version originale: Danielle Muoio/Business Insider

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