Des supporters du président turc Recep Tayyip Erdogan fêtent les résultats du référendum à Istanbul, le 16 avril 2017. REUTERS/Yagiz Karahan

Les gouvernements demandent parfois à Twitter des informations sur ou la suppression de comptes qui ont enfreint la loi — par exemple pour apologie du terrorisme.

Dans un souci de transparence, le réseau social américain dresse deux fois par an un rapport sur les demandes reçues. Twitter vient de publier les statistiques des requêtes gouvernementales et non-gouvernementales que le réseau social a reçues entre janvier et juillet 2017. 

Les Etats-Unis sont le pays qui a demandé le plus d'informations concernant les propriétaires de comptes Twitter ces six derniers mois, avec 2111 requêtes, ont relevé nos confrères de Business Insider US. La France est le cinquième pays en nombre de demandes émises.

Graphique sur les requêtes déposées par les gouvernements auprès de Twitter entre janvier et juillet 2017. Mike Nudelman/Business Insider

En tout, Twitter dit avoir reçu 6% de plus de requêtes entre janvier et juillet 2017 que sur la période précédente (juillet-décembre 2016), ce que le réseau social considère être une "faible croissance". 

Mais le nombre de demandes reçues ne correspond pas au nombre d'informations que Twitter a communiquées. Pour la France par exemple, Twitter a répondu à 68% des 474 demandes émises. En moyenne, sur les 11 pays qui ont envoyé le plus de requêtes, Twitter a accepté 56% du temps de partager une ou plusieurs information sur les comptes concernés.

Mais il y a un pays pour lequel ce n'est pas le cas: la Turquie s'est vue refuser 100% de ses 554 requêtes.

Cela fait plusieurs mois que des organismes altertent sur l'état de la liberté d'information et d'expression en Turquie, où plus de 100 journalistes seraient emprisonnés, d'après un rapport de Reporters sans Frontières de décembre 2016. 

En février dernier, le Conseil de l'Europe a publié un rapport insistant sur le fait que "l’espace du débat démocratique en Turquie s’est cruellement réduit à la suite du harcèlement judiciaire accru dirigé contre des catégories entières de la société, dont des journalistes, des députés et des universitaires, et de simples citoyens, et sous l’effet de mesures gouvernementales ayant restreint le pluralisme et conduit à l’autocensure".

La Turquie avait déjà bloqué l'accès à Twitter sur son territoire en 2014, via BTK, son organisme de régulation d'Internet. Deux ans plus tard, le gouvernement avait également bloqué Twitter, WhatsApp, Facebook et YouTube après une tentative de coup d'Etat contre le président Recep Tayyip Erdogan.

Twitter a le droit de refuser de partager des données personnelles, selon certaines règles qu'elle a définies dans son "rapport de transparence"

"Twitter peut dévoiler des informations à des agences gouvernementales en cas de requête valide et urgente. Nous évaluons ces requêtes urgentes au cas par cas, en fonction de leur pertinence vis-à-vis du droit."

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