Reconnaissance faciale, "Black Mirror" S03E01. Capture d'écran Netflix.

Prévoyez large si vous comptez prendre un avion cet été à Roissy-Charles de Gaulle ou Orly. Aéroports de Paris à beau mettre les bouchées doubles pour éviter les grosses pagailles de l'été dernier, le parcours ne sera pas fluide pour autant.

En effet pour répondre à la hausse du trafic passager (entre 2,5 et 3,5% de croissance prévue par ADP en 2018), une modernisation des accès aux aéroports est en cours avec des travaux dans les aéroports, mais aussi sur les routes qui les desservent. 

Ainsi pour aller à Orly, des travaux de voiries sont prévus une bonne partie de l'été sur l'A106 et la Nationale 7. ADP a même identifié 20 jours "noirs" sur l'été pendant lesquels il est purement et simplement conseillé aux voyageurs de prendre les transports en commun.

Quand à Roissy, ce sont surtout les travaux d'infrastructure de l'aéroport qui ralentiront les accès aux terminaux.

Aéroports de Paris invite donc les voyageurs à prévoir 30 à 45 minutes de temps de trajet supplémentaire pour accéder aux aéroports parisiens cet été.

Une fois sur place, il faut également compter du temps pour le PIF et la PAF. Si au PIF — le poste inspection filtrage — le contrôle des bagages à main est relativement rapide, à la PAF — la police aux frontières — en revanche, il faudra un peu plus de patience. 

Aéroport d'Orly, terminal Ouest. Wikimedia commons/ Captainm

ADP promet toutefois une nette amélioration par rapport à l'été dernier. Au plus fort des départs et retours de vacances, les temps d'attente pour franchir les contrôles de la police aux frontières avaient été considérablement allongés, dépassant régulièrement les 90 minutes. Le raz-le-bol était alors généralisé, tant pour les passagers que pour les compagnies aériennes qui accumulaient les heures de retard et les surcoûts inhérents. 

En cause, la faiblesse des effectifs aux postes de contrôles, l'augmentation constante du nombre de passagers et la hausse des mesures de sécurité liée aux menaces terroristes.

Des passagers contrôlés en 10 secondes

Pour fluidifier le contrôle des passeports, Aéroports de Paris mise cette année sur la deuxième version des sas PARAFE, pour Passage automatisé rapide aux frontières extérieures, pour lesquels il a enfin reçu le feu vert des autorités françaises.

Les premiers modèles de cette nouvelle version ont été mis en service le 22 juin. D'ici la fin de l'été, 21 cabines seront opérationnelles à Roissy et 15 à Orly et au total 95 sas seront déployés d'ici octobre.

Mis au point par Gemalto, ces nouveaux sas sont à reconnaissance faciale. Ils remplaceront progressivement les 78 anciens sas qui fonctionnaient par reconnaissance des empreintes digitales.

Sas PARAFE à reconnaissance digitale dans un aéroport parisien. Wikimedia commons/ 0x010C

Plus fiable, cette V2 est aussi plus rapide, pouvant contrôler un passager en 10 secondes, contre 30 secondes pour la version précédente. Par ailleurs, 45% des passagers —ceux disposant d'un passeport biométrique et ressortissant de l'UE, la Suisse, l'Islande, le Liechtenstein et la Norvège — y sont désormais éligibles contre 5% précédemment.

Toutefois, le système ne reconnaît que les adultes. Les familles avec enfants doivent donc toujours passer par un guichet. Par ailleurs, si ce système de reconnaissance faciale a déjà fait l'objet de périodes de test, il n'est pas à l'abri de bugs lors de cette première expérimentation à grande échelle.

Pour l'heure, impossible d'obtenir des informations précises sur le coût d'un tel investissement et de sa maintenance, mais l'ordre de grandeur serait de 80.000 euros pièce, si l'on se réfère aux chiffres avancés par le ministère de l'Intérieur lors de la présentation de ses mesures pour le tourisme en novembre 2016. 

Un investissement qui a été intégralement pris en charge par Aéroport de Paris, las d'attendre une réaction énergique de l'Etat sur ce sujet.

Policiers à l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle. Wikimediacommons/0x010C

D'une manière générale, les coûts liés à la sécurité ont explosé, +500% depuis 2001 selon la FNAM, la Fédération nationale de l'aviation marchande. Lors d'un point d'étape sur les Assises de transport aérien, le 29 juin à Paris, ses membres dénonçaient un coût plus important en France de 35% par rapport à la moyenne européenne, payé principalement par les compagnies aériennes et donc in fine par les clients.

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