Selfie au Museum of Fine Arts de Boston. Facebook/Museum of Fine Arts de Boston

Instagram est le réseau social le plus utilisé par les artistes dans le monde. Indispensable pour gagner en visibilité, il n'est pas fait pour chacun d'entre eux, nous explique Adeline Pilon, qui vient de lancer la plateforme en ligne spécialisée dans l'art, Happening Technologies.

Sa startup s'adresse à la fois aux acteurs du marché de l'art (galeries, maisons de ventes, collectionneurs etc.) et à ceux de la gestion de patrimoine (family offices, banques privées, assureurs) en leur permettant de comparer 100.000 artistes en ligne et en essayant de donner un sens à la valeur esthétique d'une oeuvre.

Inquiets de risques géopolitiques et de la volatilité des prix, les investisseurs trouvent dans les œuvres d'arts des actifs plus rassurants. En revanche, l'art demeure pour eux un secteur compliqué pour évaluer les risques en raison d'une information difficile d'accès, parfois subjective et réservée à des initiés.

Interrogés dans l'étude de marché Hiscox Online Trade Report de 2017 sur l'utilisation des outils technologiques du monde de l'art, plus d'un acheteur sur deux déclarent utiliser Instagram, le plus souvent devant Facebook. Ce pourcentage monte même à 70% chez les moins de 35 ans.

"La technologie a permis de découvrir des artistes et de les ramener dans le monde des galeries", confirme Adeline Pilon, à la fois diplômée de l'ESCP Europe, de l'Université de Shanghai (Tongji) et de l'Ecole du Louvre.

Mais la Française de 29 ans nuance le pouvoir d'Instagram: l'application, aussi populaire soit-elle, ne convient pas à tous les artistes.

"Il y a un biais avec la technologie: si votre œuvre n'est pas 'instagramable', si elle n'a pas de couleur, si elle n'est pas fluide ni simple, vous aurez du mal à exister. Un monde de l'art digital se développe. Il a échoué au début des années 2000. Il faut voir si désormais ça va fonctionner ou retomber comme un soufflet."

Et Adeline Pilon de citer par exemple le travail de l'artiste peintre et graveur français Pierre Soulages sur le noir — moins adapté aux codes d'Instagram.

Adeline Pilon, fondatrice de Happening Technologies.

Passée par le secteur de la finance et de la gestion de patrimoine (CACIB, IdInvest, Neuflize OBC), tout en participant à la création d'un média dédié au marché de l'art, Adeline Pilon a décidé de rapprocher ces deux mondes en comblant un manque: rendre les données relatives aux œuvres d'art transparentes et exploitables.

Sa société Happening Technologies propose dans un premier temps une plateforme — baptisée Artist Profiles — avec des analyses quantitatives et des synthèses sur 100.000 artistes du 19ème siècle à aujourd'hui, regroupées à travers cinq critères: expositions, couverture presse, popularité sur internet, relations avec ses galeries et analyse des résultats d'enchères.

Happening Technologies développe ses algorithmes avec le LIST (Luxembourg Institute of Sciences and Technologies), un institut de recherche spécialisé dans le traitement des données. 

Immatriculée au Luxembourg, Happening Technologies a levé 600.000 euros en fonds propres au près d'investisseurs américains et européens et reçu une subvention de 360.00 euros du Ministère de l'Économie au Luxembourg.

Le marché de l'art en ligne a continué de croître fortement à 3,75 milliards de dollars soit +15% entre 2016 et 2017,  selon le rapport Hiscox, "dans le contexte d'un marché mondial de l'art en croissance lente", précise l'étude. C'est 8,4% du marché global en valeur.

Il est dominé par les maisons historiques comme Christie's, Sotheby's, Artsy mais les pure-players ont aussi casser les codes, à l'image d'Amazon Art.

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