Les fondateurs de Younited Credit: Thomas Beylot, Charles Egly et Geoffroy Guigou. Younited Credit.

Younited Credit, plateforme de prêts aux particuliers, vient de réaliser une augmentation de capital de 40 millions d’euros, qui la positionne désormais comme l'une des pépites qui suscite le plus d'espoirs dans la fintech française.

Les actionnaires historiques Eurazeo, Crédit Mutuel Arkéa — désormais actionnaire principal, AG2R La Mondiale et Weber Investissements ont participé à ce nouveau tour de table, rejoints par Bpifrance, Matmut Innovation et Zencap Asset Management.

En six ans, ce sont 103 millions d'euros que les trois fondateurs — Thomas Beylot, Charles Egly et et Geoffroy Guigou — ont réussi à lever, avec l'ambition de détrôner les traditionnels intermédiaires du crédit à la consommation comme Sofinco, Cetelem, Cofinoga ou Cofidis.

"C’est une belle somme au total mais qui correspond à nos grosse ambitions, celles de prendre le leadership. On est dans l’investissement d’hyper-croissance", explique Charles Egly, président du directoire, à Business Insider France.

Présente en France, Italie, Espagne, Autriche et Allemagne, Younited Credit a financé plus de 500 millions d'euros de crédits à la consommation, de 1000 à 40.000 euros.

Le fonctionnement est simple et rapide, semblable à l'ouverture d'un compte bancaire en ligne: un particulier demande un crédit sur le site Younited Credit en fournissant les documents demandés. Après une analyse technologique et humaine, 92% des dossiers de prêts sont validés et les fonds mis à disposition en 24h par des investisseurs professionnels (particuliers, entreprises, assureurs, fondations, caisses de retraites, etc.).

Les analystes sont exonérés du travail de reconnaissance des pièces des dossiers. Tout est automatisé. La prochaine étape consistera à valider les dossiers en 6 heures, puis, à terme, de le faire instantanément.

"Younited Credit a une hyper-croissance équilibrée avec des rendements et un modèle économiques éprouvés. La voie de la profitabilité à terme est maîtrisée", assure Jean Bertin, directeur adjoint d’investissement chez Bpifrance au sein du fond Large Venture, qui engage des tickets supérieurs à 10 millions d'euros.

L'investisseur institutionnel n'hésite pas à s'avancer sur le potentiel de Younited Credit, celui d'entrer dans le club — plutôt encore restreint en France — des licornes, ces startups dont la valorisation dépasse le milliard d'euros, comme BlaBlaCar ou OVH.

"Pour nous, ce sera la prochaine licorne. On ne le dit pas pour tout le monde. Et ce ne sera pas une licorne sur la seule valorisation mais aussi sur son business."

Selon la Banque Centrale Européenne, il y a 315 milliards d’euros d'encours de crédits à la consommation en zone euro dont 153 milliards rien qu'en France. La part de marché de Younited Credit à ce jour dans l'Hexagone? 0,2%...

L'exemple instructif de Lending Club

Le marché du prêt par internet aux particuliers ou entreprises ("crowlending") est florissant, attirant les prêteurs non bancaires. Dans ce secteur, une startup montée par un Français a fait figure de succès fulgurant: Lending Club. Valorisée jusqu'à 90 milliards de dollars, elle a été au cœur d'un scandale, son PDG et fondateur devant démissionner, accusé d'avoir enfreint des règles de fonctionnement. Renaud Laplanche a depuis relancé une startup rivale.

Cela n'a pas empêché Younited Credit de convaincre de grands groupes français de la suivre. La startup a d'abord obtenu les autorisations — deux ans après sa création — avant de se lancer. Aujourd'hui, elle annonce fièrement "être la seule plateforme internet de crédit aux particuliers en Europe à avoir son propre agrément d'établissement de crédit." 

Younited Credit explique:

"C’est plus facile de convaincre des investisseurs, surtout que la réglementation est plus stricte en Europe et en France. Ça nous a permis et nous permettra de nous implanter plus vite ailleurs."

Ses rivales travaillent en louant des agréments aux banques avec le risque de tout perdre si le partenaire décide d’arrêter cette activité. Quant aux Britanniques comme Zopa ou Rate Setter, Brexit oblige, elles ont peu de visibilité pour travailler en Europe.

L'autre motif de confiance des investisseurs est technologique. Sur les 200 salariés, près d'un tiers sont des ingénieurs, développeurs et data scientists qui ont participé à l'élaboration de l'intelligence artificielle.

La nouvelle levée de fonds va permettre à Younited Credit d’investir dans trois domaines d’analyse du risque:

  • Passer du machine learning au deep learning pour différencier encore mieux les bons des mauvais emprunteurs. "Concrètement, on veut que notre propre algorithme s’améliore automatiquement en allant chercher lui-même dans les données que l’on possède", confie Charles Egly.
  • Lancer des chatbots sur Whatsapp et Messenger pour interagir et répondre plus vite aux clients. "Il faut construire un robot pertinent capable de s’adapter aux réponses. Si un client est satisfait, le robot pourrait lui proposer un autre crédit. A l’inverse, il pourrait faire un geste commercial. On veut aller au bout de notre promesse de service en ligne."
  • Proposer une plateforme en marque blanche, sous forme d’API, pour des partenaires qui souhaiteraient faire du crédit à la consommation, comme des assureurs ou des opérateurs télécoms par exemple.

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